L’Institut technologique du Costa Rica (TEC) travaille avec le Tecnológico de Monterrey, au Mexique, au développement d’un modèle de microcertifications destiné à renforcer les compétences professionnelles de la population costaricienne.
Cette initiative vise à proposer des formations plus courtes et plus flexibles, capables de répondre plus rapidement aux besoins du marché du travail et aux évolutions technologiques. Contrairement à un diplôme universitaire, une microcertification atteste qu’une personne a acquis et est capable d’appliquer une compétence spécifique.
Que sont les microcertifications ?
Les microcertifications sont des certifications numériques permettant de démontrer des connaissances et des compétences précises. Leur objectif n’est pas de remplacer les diplômes universitaires, mais de compléter la formation académique et professionnelle grâce à des programmes centrés sur des compétences spécifiques.
L’une de leurs principales caractéristiques est qu’elles peuvent généralement être obtenues grâce à des programmes relativement courts et que différentes certifications peuvent être cumulées au cours d’une carrière professionnelle.
Cela permet notamment de développer de nouvelles compétences sans devoir suivre un programme universitaire complet chaque fois qu’une personne souhaite actualiser ses connaissances.
Le TEC explique que ces certifications peuvent contribuer à répondre plus rapidement aux besoins du secteur productif et de la société, notamment face à l’évolution rapide des technologies.
Une collaboration avec le Tecnológico de Monterrey
Le TEC a commencé à recevoir l’accompagnement du Tecnológico de Monterrey en novembre 2025 afin d’avancer dans le développement de ce modèle de formation.
Cette collaboration vise à s’appuyer sur l’expérience de l’institution mexicaine dans le domaine des microcertifications et à l’adapter au contexte de l’enseignement supérieur costaricien.
Le projet s’inscrit dans une stratégie plus large du TEC visant à développer ses possibilités de formation et de perfectionnement professionnel.
L’Institut technologique du Costa Rica est un établissement public autonome d’enseignement supérieur créé en 1971, spécialisé dans l’enseignement, la recherche et la diffusion des connaissances dans les domaines technologiques et scientifiques liés au développement du pays.
Huit propositions en cours de développement
Dans le cadre du projet, environ 40 enseignants, membres du personnel administratif et collaborateurs de la Fondation technologique du Costa Rica (FUNDATEC) ont été répartis en huit groupes de travail.
Chaque groupe a développé une proposition de microcertification consacrée à un domaine différent. Parmi les thèmes abordés figurent l’informatique, la santé et les processus de gestion.
Les propositions seront évaluées par un comité institutionnel qui déterminera laquelle est la plus avancée et pourrait commencer à être mise en œuvre.
L’objectif du TEC est que ce processus permette progressivement de passer des premières propositions à une offre plus large de microcertifications.
Une formation adaptée aux besoins du marché du travail
L’un des principaux objectifs de l’initiative est de rapprocher la formation universitaire des besoins réels du secteur productif.
Le TEC propose déjà des programmes de formation continue et de spécialisation dans des domaines liés aux nouvelles technologies. Son Programme Talento Digital, par exemple, propose des formations dans des domaines tels que l’intelligence artificielle, le machine learning, la gouvernance des données, la gestion agile de projets et les outils d’analyse de données.
L’institution propose également des programmes spécialisés dans les technologies émergentes, notamment une formation consacrée aux solutions d’intelligence artificielle et au cloud computing, avec des compétences appliquées en apprentissage automatique, traitement du langage naturel et intelligence artificielle générative.
Les microcertifications devraient compléter cette offre grâce à des certifications centrées sur des compétences précises.
Une formation qui peut être cumulée
Une autre caractéristique importante du modèle est que les microcertifications peuvent être cumulables.
Une personne peut ainsi obtenir différentes certifications au fur et à mesure qu’elle développe de nouvelles compétences et construire progressivement un profil professionnel plus spécialisé.
Pour les personnes déjà en activité, ce format peut représenter une possibilité d’actualiser leurs connaissances sans devoir s’engager dans plusieurs années supplémentaires d’études.
L’objectif est également que les microcertifications puissent progressivement être intégrées à différents niveaux de l’offre de formation du TEC.
Une initiative appelée à s’étendre à différents programmes
Le TEC ne prévoit pas de limiter le projet aux huit propositions actuellement en développement.
Une fois le modèle consolidé, l’institution souhaite intégrer de nouvelles microcertifications dans les programmes de premier cycle et de troisième cycle, les formations techniques, les diplômes et la formation continue.
L’offre pourrait s’adresser aussi bien aux membres de la communauté universitaire qu’aux professionnels et autres personnes intéressées au Costa Rica et à l’étranger.
Les microcertifications pourraient ainsi devenir un outil de formation tout au long de la vie, permettant d’accompagner les personnes à différentes étapes de leur parcours professionnel.
Une tendance liée à la transformation du monde du travail
L’initiative intervient également dans un contexte où les compétences professionnelles évoluent rapidement.
L’apparition de nouvelles technologies, notamment dans les domaines de l’intelligence artificielle, de l’analyse de données et du cloud computing, augmente le besoin d’une actualisation régulière des compétences.
Le TEC mène déjà des recherches sur les microcertifications comme complément aux programmes universitaires. Le projet institutionnel CredencialTEC étudie notamment les critères nécessaires à la conception de ces certifications et leur intégration comme complément aux programmes d’études en ingénierie informatique.
Le projet doit être développé entre 2025 et 2026 et prévoit notamment de valider les microcertifications auprès des étudiants et des enseignants.
De nouvelles façons de démontrer ses compétences
Les microcertifications témoignent également d’une évolution dans la manière de démontrer les compétences professionnelles.
Alors qu’un diplôme universitaire atteste de l’achèvement d’un programme académique complet, une microcertification peut démontrer qu’une personne maîtrise une compétence précise et sait l’appliquer dans la pratique.
Pour les entreprises, ce type de certification peut apporter des informations supplémentaires sur les compétences spécifiques d’un candidat, au-delà de sa formation académique générale.
Le TEC souligne justement que les microcertifications peuvent contribuer à démontrer des compétences correspondant aux besoins changeants du marché du travail.
Un engagement en faveur de la formation tout au long de la vie
Le projet s’inscrit dans une vision plus large de formation tout au long de la vie, selon laquelle le développement professionnel ne s’arrête pas à l’obtention d’un diplôme universitaire.
Les professionnels peuvent être amenés à acquérir de nouvelles compétences plusieurs fois au cours de leur carrière, notamment dans les secteurs où les outils et les technologies évoluent rapidement.
Avec cette initiative, le TEC souhaite élargir ses possibilités de perfectionnement professionnel et proposer de nouvelles alternatives à ses étudiants et diplômés, mais aussi aux personnes extérieures à la communauté universitaire.
Le projet est toujours en développement
Les huit propositions élaborées par les équipes du TEC sont actuellement soumises à une évaluation institutionnelle. L’établissement devra déterminer lesquelles sont suffisamment avancées pour passer à une première phase de mise en œuvre.
L’objectif final est de construire un modèle pouvant progressivement être élargi et devenir une nouvelle voie de formation certifiante au sein de l’offre éducative du TEC.
La collaboration avec le Tecnológico de Monterrey représente ainsi une étape vers une formation plus flexible et davantage axée sur les compétences, avec l’ambition de répondre plus rapidement aux transformations du monde du travail.
Sources officielles et techniques
Institut technologique du Costa Rica (TEC) : informations officielles sur les microcertifications, le programme Talento Digital et les projets de recherche.
Institut technologique du Costa Rica – Présentation du TEC : informations officielles sur l’institution, son histoire et sa mission.
Semanario Universidad : informations sur la collaboration entre le TEC et le Tecnológico de Monterrey ainsi que sur les huit propositions actuellement développées.
TEC – CredencialTEC : projet institutionnel consacré à la conception curriculaire des microcertifications comme complément aux programmes académiques.







