À La Granja de Palmares, dans la province d’Alajuela, un terrain qui a été consacré pendant des années à l’élevage et à la production agricole est devenu un espace de conservation qui protège aujourd’hui 31 hectares de forêt, des ressources en eau et une importante diversité d’espèces.
Il s’agit de la Réserve naturelle Madre Verde, un projet de conservation communautaire qui a commencé à prendre forme en 2000 et qui, plus de deux décennies plus tard, constitue l’un des exemples de restauration écologique développés dans l’ouest de la Vallée Centrale.
Une initiative née de la communauté
L’histoire de Madre Verde est étroitement liée aux préoccupations des habitants de Palmares face à la perte de couverture forestière et à la protection des ressources en eau.
En 2000, la communauté a acquis le terrain qui abrite aujourd’hui la réserve. À cette époque, la propriété était principalement utilisée pour l’élevage et l’agriculture. À partir de là, un processus de reboisement et de régénération naturelle a commencé, permettant de restaurer progressivement la couverture forestière.
La Fondation Madre Verde indique que la réserve compte aujourd’hui 31 hectares de forêt et protège trois sources d’eau. Le site fait également partie du Corridor biologique Montes del Aguacate et du Réseau de réserves publiques et privées.
Cette expérience a également été documentée dans le domaine universitaire. Une étude présentée par l’Université nationale sur le suivi de la restauration écologique à Madre Verde a comparé l’état de la végétation entre 2005 et 2020 et a constaté des changements importants dans la richesse, la diversité, la composition et la structure de la végétation dans les zones ayant fait l’objet de processus de restauration.
Lorsque la régénération naturelle devient conservation
La restauration de Madre Verde ne repose pas uniquement sur la plantation d’arbres.
Le processus a combiné reboisement actif et régénération naturelle, permettant à différentes zones d’évoluer progressivement vers des communautés forestières plus développées.
L’étude de l’Université nationale souligne que les espèces pionnières indigènes de la zone de vie prédominent dans les secteurs restaurés, contribuant au processus naturel de récupération de la forêt. Ces résultats ont également permis d’identifier des espèces et des processus pouvant être utiles pour restaurer des zones similaires.
La Fondation Madre Verde explique que la réserve fait également partie du bassin versant de la quebrada Calabazo, l’un des affluents importants du canton de Palmares. La protection de la couverture forestière est donc directement liée à la conservation des ressources en eau.
Un refuge pour la biodiversité
La restauration de la forêt a également créé de nouvelles conditions pour la flore et la faune de la région.
La réserve conserve des données sur la biodiversité et l’observation des oiseaux, et différentes études ont porté sur les espèces présentes sur le site. Le Musée national du Costa Rica conserve notamment dans sa bibliographie scientifique une étude consacrée à la faune vertébrée de la Réserve Madre Verde.
L’importance de cet espace a également été mise en avant au-delà du domaine strictement environnemental. En 2024, Correos de Costa Rica a présenté une émission de cartes postales consacrée à des espèces photographiées à Madre Verde, parmi lesquelles le quetzal, le colibri montagnard, le tayra et le toucanet émeraude. L’activité s’est déroulée dans la réserve elle-même et a réuni des représentants de la Fondation Madre Verde et des autorités locales de Palmares.
Une partie du Corridor biologique Montes del Aguacate
Madre Verde ne fonctionne pas comme un espace isolé.
Sa localisation au sein du Corridor biologique Montes del Aguacate contribue à maintenir la connexion entre différents espaces naturels de la région. La Fondation elle-même considère cette relation comme faisant partie de son travail de conservation.
Le lien avec les initiatives de conservation environnementale apparaît également dans les registres officiels du SINAC. La plateforme institutionnelle inclut Madre Verde parmi les groupes COVIRENA associés à l’Área de Conservación Central, un dispositif de participation communautaire qui soutient des actions liées à la protection et à la surveillance des ressources naturelles.
Une forêt qui sert également à apprendre
La conservation de Madre Verde ne se limite pas à protéger le terrain.
La réserve organise des activités d’éducation environnementale, des visites guidées, des ateliers et des visites destinées aux établissements scolaires, aux universités, aux entreprises et à d’autres groupes. Elle propose également des visites de jour et de nuit ainsi que des activités liées à l’observation des oiseaux et à la découverte de la biodiversité.
Dans ce sens, le site fonctionne comme un espace où la restauration peut être observée directement. Ce qui était autrefois un terrain consacré à des activités productives est devenu un lieu permettant de découvrir les processus de récupération d’une forêt et la relation entre conservation, eau, biodiversité et participation communautaire.
La Fondation CIENTEC a également intégré Madre Verde à des activités éducatives liées aux sciences et à l’environnement, en la présentant comme une expérience de conservation communautaire et de restauration d’une zone autrefois consacrée à l’élevage et aux cultures.
Plus de deux décennies de restauration
Le processus commencé en 2000 montre que la restauration d’un écosystème ne se fait pas du jour au lendemain.
Les études réalisées à Madre Verde montrent des changements dans la végétation après des années d’intervention et de régénération, tandis que la couverture forestière actuelle permet au site de continuer à jouer un rôle dans la protection de l’eau et la conservation de la biodiversité.
Aujourd’hui, la réserve compte quatre sentiers totalisant environ trois kilomètres, ainsi que des points de vue et des espaces destinés aux activités éducatives et de conservation. L’ancien espace productif fait désormais partie d’une forêt en cours de restauration qui peut être visitée et découverte par la communauté.
L’histoire de Madre Verde révèle ainsi une dimension moins connue de la conservation au Costa Rica : toutes les forêts protégées ne sont pas de grands parcs nationaux. Certaines naissent de décisions prises par des communautés qui identifient un problème local, acquièrent un terrain et travaillent pendant des années à restaurer ses ressources naturelles.
À Palmares, ce processus continue de se développer entre les arbres, les sources d’eau, les sentiers et les projets d’éducation environnementale.
Sources : Fondation Madre Verde, Université nationale du Costa Rica (UNA), Système national des aires de conservation (SINAC), Musée national du Costa Rica, Correos de Costa Rica et Fondation CIENTEC.







