Dans un mouvement alliant diplomatie de haut niveau et stratégie de sécurité nationale, le président Rodrigo Chaves Robles a confirmé que le dirigeant salvadorien, Nayib Bukele, se rendra au Costa Rica la semaine prochaine. L’objectif principal de cette visite est de superviser les avancées du nouveau système pénitentiaire de haute sécurité du pays.
Cette visite, prévue pour la deuxième semaine de janvier 2026, s’articule autour du développement du Centre de Haute Contention du Crime Organisé (CACCO). Situé dans le complexe pénitentiaire La Reforma, à Alajuela, ce centre a été conçu sur le modèle du « CECOT » salvadorien, pilier de la stratégie de sécurité de Bukele qui suscite l’intérêt de toute la région.
Un modèle de sécurité régional
Selon les déclarations officielles, le président Bukele arrive avec un rôle de « conseiller et d’inspecteur technique ». Le projet, représentant un investissement estimé à 35 millions de dollars, vise à incarcérer environ 5 100 détenus répartis dans cinq modules de haute sécurité.
« Le président Bukele vient pour continuer à nous conseiller, pour inspecter les progrès et pour démontrer au peuple costaricien qu’il est possible, et nécessaire, de garantir la sécurité », a affirmé le président Chaves lors de sa conférence de presse hebdomadaire.
L’objectif de l’administration est d’isoler les chefs de gangs et les tueurs à gages de la population carcérale commune. Cette mesure vise à interrompre les opérations criminelles coordonnées depuis l’intérieur des prisons, en réponse directe aux taux d’homicides records ayant frappé le pays récemment.
Implications politiques et horizon 2026
Le calendrier de cette visite suscite un débat intense parmi les analystes politiques. À seulement 20 jours des élections générales du 1er février, l’opposition qualifie cette rencontre d’« interventionnisme politique ».
Les détracteurs du gouvernement soutiennent que cette visite fait office de soutien tactique à la continuité du parti au pouvoir, mené par la candidate Laura Fernández, dont la campagne est centrée sur le renforcement des politiques de sécurité actuelles. Alors qu’une partie de la population salue cette coopération, d’autres secteurs s’inquiètent de l’adoption de méthodes susceptibles de fragiliser le cadre juridique et les droits de l’homme, traditionnellement ancrés au Costa Rica.







