Le parc national de Corcovado, situé sur la péninsule d’Osa, fait face à une pression croissante liée à l’exploitation illégale de l’or et aux difficultés à assurer une surveillance suffisante de l’une des principales aires protégées du Costa Rica.
La situation a de nouveau attiré l’attention en 2026, après plusieurs signalements faisant état d’activités minières illégales, de menaces contre les gardes forestiers et de ressources humaines limitées pour surveiller un territoire aussi vaste et difficile d’accès.
Un parc d’une importance écologique exceptionnelle
Corcovado a été créé en 1975 et a ensuite été agrandi. Selon le Système national des aires de conservation (SINAC), il couvre aujourd’hui environ 42 570 hectares terrestres et 5 375 hectares marins.
Le parc abrite des forêts tropicales, des plages, des récifs coralliens, des mangroves et des zones humides d’eau douce. Selon le SINAC, Corcovado abriterait environ 2,5 % de la biodiversité mondiale, une concentration exceptionnelle sur un territoire relativement restreint.
Parmi les espèces présentes dans le parc figurent le tapir de Baird, le jaguar, le puma, le pécari, l’ara rouge ainsi que plusieurs espèces de singes, sans compter une remarquable diversité d’oiseaux, de reptiles, d’amphibiens et d’insectes.
L’exploitation minière illégale reste une menace
L’extraction illégale d’or n’est pas un problème nouveau dans la péninsule d’Osa, mais de nouveaux épisodes ont été signalés à l’intérieur de Corcovado en 2026.
En janvier, quatre hommes ont été arrêtés dans le parc alors qu’ils auraient été en train d’extraire illégalement de l’or dans la zone du río Sirena. Au cours de l’opération, des gardes forestiers du SINAC auraient reçu des menaces de mort, selon des documents intégrés à une enquête judiciaire.
D’autres informations publiées en avril ont indiqué que l’extraction illégale d’or à Corcovado pourrait être liée à des réseaux criminels fournissant du matériel, des financements et des acheteurs pour le minerai. Ces affirmations font partie d’enquêtes et de témoignages toujours soumis aux procédures judiciaires correspondantes.
Des gardes forestiers face à un territoire difficile à surveiller
L’un des principaux défis réside dans l’immensité du territoire à patrouiller.
Un rapport publié en juillet 2026 indiquait que quatre gardes forestiers travaillaient à Corcovado, ce qui signifie qu’en moyenne, chaque agent devrait couvrir environ 203 kilomètres carrés.
D’autres reportages basés sur les témoignages de gardes forestiers indiquent que, dans certaines circonstances, un seul agent peut être amené à surveiller environ 3 000 hectares. Les rotations et les jours de repos signifient également que toute l’équipe n’est pas nécessairement présente simultanément dans le parc.
Cette situation rend la surveillance particulièrement difficile dans les zones montagneuses et isolées, notamment dans les secteurs éloignés des principaux sites touristiques.
Des opérations contre l’extraction illégale d’or
Les autorités costariciennes mènent depuis plusieurs années des opérations dans et autour de Corcovado afin de localiser les camps miniers clandestins et d’arrêter les personnes impliquées dans ces activités.
Le ministère de la Sécurité publique a notamment documenté des opérations conjointes avec les gardes forestiers pour localiser des braconniers et des personnes impliquées dans l’extraction illégale d’or. Lors de certaines interventions, les autorités ont découvert des camps, du matériel minier et des zones d’exploitation à ciel ouvert.
Les archives officielles montrent que l’exploitation minière illégale constitue une menace récurrente dans la région depuis plusieurs décennies, ce qui explique pourquoi elle reste l’un des principaux défis de conservation du parc.
Un problème qui dépasse l’exploitation de l’or
La pression exercée sur Corcovado ne se limite pas à l’exploitation minière.
Les informations récentes font également état de problèmes liés au braconnage, à l’exploitation forestière et à d’autres activités illégales, tandis que des gardes forestiers ont dénoncé des menaces et des intimidations liées à leur travail de protection de l’aire protégée.
En avril 2026, un garde forestier de Corcovado a déclaré avoir reçu des menaces et a affirmé que des groupes liés au crime organisé tentaient d’utiliser certaines zones protégées de la région pour différentes activités illégales. Ces déclarations font partie de témoignages et de signalements publiés par les médias nationaux.
Des conséquences pour la biodiversité
L’exploitation minière illégale peut affecter les écosystèmes de différentes manières. Le déplacement des sols peut modifier les cours d’eau, tandis que les camps miniers et les activités associées peuvent entraîner une perte de végétation, une pollution et des perturbations de la faune.
L’impact est particulièrement important à Corcovado, car de nombreuses espèces dépendent de forêts et de cours d’eau en bon état de conservation.
Les documents techniques du SINAC soulignent que le parc abrite notamment d’importantes populations de grands mammifères tels que les tapirs, les jaguars et les pécaris, tandis que ses forêts constituent un refuge essentiel pour de nombreuses espèces menacées.
Des pressions climatiques s’ajoutent également
L’exploitation minière n’est pas la seule préoccupation environnementale qui touche le parc en 2026.
En juin, les gardes forestiers ont signalé une réduction importante du débit de certaines rivières et de certains ruisseaux, dans un contexte de sécheresse associé à l’arrivée du phénomène El Niño. Cette situation a affecté la disponibilité de l’eau et le comportement de certains animaux sauvages.
La combinaison des pressions humaines et des changements environnementaux rend encore plus important le maintien d’un système efficace de surveillance et de protection du parc.
La protection de Corcovado dépend aussi des communautés locales
La conservation d’un territoire aussi vaste ne peut pas reposer uniquement sur les fonctionnaires publics.
Le SINAC travaille également avec les communautés et les organisations locales dans différents secteurs du parc. Certains accès touristiques, comme El Tigre, sont gérés en collaboration avec des organisations communautaires, tandis que les visiteurs doivent emprunter les accès officiels et respecter les règles établies afin de protéger l’aire naturelle.
Un tourisme responsable peut contribuer à créer des opportunités économiques pour les communautés voisines tout en maintenant une présence légale et organisée dans certaines zones du parc.
Un défi majeur pour la conservation
Corcovado constitue l’un des principaux refuges de biodiversité du Costa Rica. Son étendue, son isolement et sa richesse biologique en font un territoire d’une importance exceptionnelle pour la conservation.
Sa protection nécessite toutefois des ressources suffisantes pour maintenir les patrouilles, répondre aux activités illégales, fournir du matériel aux gardes forestiers et garantir leur sécurité.
La situation observée en 2026 met une nouvelle fois en évidence un défi qui n’est pas nouveau : protéger un territoire d’une biodiversité exceptionnelle face à des activités illégales qui profitent de la difficulté à surveiller de vastes étendues forestières.
L’avenir de Corcovado dépendra en grande partie de la capacité des institutions, des communautés locales et des organisations de conservation à renforcer la protection du parc et à préserver l’intégrité de ses écosystèmes.
Sources officielles et scientifiques
Système national des aires de conservation (SINAC) : informations officielles sur le parc national de Corcovado, notamment sa superficie, sa biodiversité, ses secteurs d’accès et les règles de protection.
Ministère de la Sécurité publique : archives officielles des opérations menées avec le SINAC contre le braconnage et l’extraction illégale d’or à Corcovado.
Documentation technique du SINAC sur le parc national de Corcovado : informations concernant la biodiversité, les écosystèmes et les menaces historiques au sein de l’aire protégée.
Université du Costa Rica / EnComuSeHace : témoignages et analyses concernant les conditions de travail et la couverture territoriale des gardes forestiers dans les aires protégées.
Assemblée législative du Costa Rica : documentation parlementaire concernant la situation historique des gardes forestiers et les défis liés à la protection des aires naturelles protégées.







