Des milliers de crabes retrouvés morts sur les plages de Guanacaste

Un phénomène inhabituel attire l’attention sur la côte de Guanacaste depuis quelques jours : des milliers de crabes morts ont été retrouvés sur plusieurs plages du Pacifique nord du Costa Rica.

Les signalements concernent notamment Conchal, Brasilito, Flamingo, Potrero, Ocotal, Guacamaya, Carrillo et Playa Negra. Des images diffusées par les médias locaux montrent d’importantes quantités de crustacés dispersés sur le sable et le long du littoral.

Pour le moment, aucune cause officielle n’a été confirmée pour expliquer cette mortalité massive. Les autorités et les spécialistes analysent actuellement le phénomène avant de déterminer ce qui pourrait être à l’origine de la mort des animaux.

L’espèce identifiée

Les animaux retrouvés seraient des jaibas moras, connues scientifiquement sous le nom de Euphylax dovii. Ce crustacé marin est présent dans les eaux tropicales du Pacifique oriental.

Cette espèce vit en pleine mer et possède des pattes arrière adaptées à la nage, ce qui la distingue de nombreux crabes habituellement observés sur les plages.

L’identification rapportée par les médias costariciens doit toutefois être considérée dans le cadre de l’analyse en cours, alors que les observations et les études se poursuivent.

Quelle pourrait être la cause de cette mortalité ?

L’une des principales hypothèses avancées par les spécialistes concerne les changements des conditions océaniques, notamment l’augmentation de la température de la mer.

Des chercheurs interrogés par les médias costariciens ont signalé des températures particulièrement élevées dans les eaux du Pacifique. Une hausse de la température de l’eau peut provoquer un stress physiologique chez les organismes marins et modifier la disponibilité de l’oxygène.

Cependant, cette hypothèse n’a pas encore été confirmée comme étant la cause de la mortalité.

D’autres facteurs environnementaux pourraient également être étudiés dans le cadre de l’enquête. Pour l’instant, aucune donnée officielle ne permet d’attribuer le phénomène à une pollution chimique, à une prolifération d’algues toxiques ou à une autre cause précise.

Un lien possible avec El Niño

Le phénomène intervient dans un contexte de changements importants des conditions climatiques et océaniques de la région.

Certains spécialistes ont évoqué un lien possible entre le réchauffement de l’océan associé à El Niño et les conditions observées dans le Pacifique. Une hausse de la température de l’eau peut modifier les caractéristiques physiques et chimiques des écosystèmes marins.

Cependant, le lien entre El Niño et la mortalité des crabes devra être confirmé par des analyses scientifiques avant de pouvoir être considéré comme une explication définitive.

Un phénomène observé sur plusieurs plages

La répartition géographique des animaux morts constitue l’un des éléments les plus remarquables du phénomène.

Les signalements ne concernent pas une seule plage, mais plusieurs secteurs du littoral de Guanacaste, de Conchal et Brasilito à Flamingo et Potrero, ainsi que d’autres zones côtières.

L’étendue du phénomène sera un élément important pour les spécialistes et les autorités afin de déterminer si un facteur environnemental commun pourrait être impliqué.

Les autorités continuent de suivre la situation

Le Système national des aires de conservation (SINAC) et le Service national de santé animale (SENASA) ont été consultés au sujet du phénomène. Selon les informations publiées le 19 août, les deux institutions ont indiqué que le dossier relevait de la compétence de l’Institut costaricien de la pêche et de l’aquaculture (INCOPESCA).

L’INCOPESCA a indiqué qu’il analysait la situation.

Cette enquête sera importante pour déterminer s’il s’agit d’un événement ponctuel ou si un phénomène environnemental plus large pourrait affecter d’autres espèces marines.

Peut-on consommer les crabes retrouvés morts ?

Compte tenu de l’incertitude concernant la cause de la mortalité, il est déconseillé de consommer les crabes retrouvés morts sur les plages.

Tant que l’origine du phénomène n’est pas connue, il est impossible de déterminer si les animaux ont pu être exposés à un élément susceptible de présenter un risque pour la santé.

Aucune autorité n’a confirmé à ce stade l’existence d’une contamination chimique, mais aucune cause définitive n’a non plus été établie. La prudence consiste donc à éviter de manipuler ou de consommer ces animaux.

Pourquoi surveiller la santé des océans ?

Les épisodes de mortalité massive de la faune marine peuvent fournir des informations importantes sur les changements qui affectent les écosystèmes côtiers.

Le suivi des espèces marines permet de détecter des modifications des conditions environnementales et de mieux comprendre les interactions entre température, niveaux d’oxygène, pollution, courants marins et biodiversité.

Le SINAC dispose de protocoles officiels de suivi des écosystèmes marins et côtiers, comprenant notamment des indicateurs liés à la mortalité de la faune et aux conditions environnementales des plages.

Documenter des phénomènes comme celui observé à Guanacaste peut donc apporter des informations utiles pour surveiller l’état de santé des écosystèmes marins.

Un phénomène qui soulève encore des questions

La découverte de milliers de jaibas moras mortes sur les plages de Guanacaste constitue un phénomène inhabituel qui fait toujours l’objet d’une enquête.

Même si le réchauffement de l’océan et les changements associés à El Niño figurent parmi les hypothèses avancées par les spécialistes, aucune explication scientifique définitive n’a encore été établie.

Les prochaines évaluations et analyses seront essentielles pour comprendre ce qui s’est produit et déterminer si le phénomène est lié aux conditions environnementales actuelles du Pacifique costaricien.

Pour le moment, les autorités poursuivent leur suivi tandis que les scientifiques et les spécialistes cherchent à comprendre l’origine de cet inhabituel épisode de mortalité marine.

Sources d’information

Institut costaricien de la pêche et de l’aquaculture (INCOPESCA) : institution chargée de la gestion et du suivi des ressources halieutiques et aquacoles du pays.

Système national des aires de conservation (SINAC) : informations et protocoles officiels concernant le suivi des écosystèmes marins et côtiers et de la biodiversité.

Service national de santé animale (SENASA) : institution consultée à la suite de la découverte des animaux morts.

Centre de recherche en sciences de la mer et limnologie (CIMAR) : chercheurs et spécialistes consultés au sujet des conditions océanographiques et des causes possibles du phénomène.

Fondation MarViva : organisation spécialisée dans la conservation marine ayant apporté des observations concernant les conditions océaniques et leur possible relation avec le réchauffement de la mer.

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