Le 8 décembre 2025, le Costa Rica et Israël ont franchi une étape décisive dans leur relation bilatérale avec la signature officielle d’un Accord de Libre-Échange (ALE) à Jérusalem. L’accord, paraphé par le ministre du Commerce extérieur, Manuel Tovar, et le ministre israélien de l’Économie, Nir Barkat, vise non seulement à dynamiser l’échange de biens, mais aussi à positionner le Costa Rica comme un centre d’adoption technologique en Amérique latine.
Vers une économie de « Capacités »
Le traité établit un cadre juridique qui élimine les droits de douane pour 99 % des produits israéliens entrant au Costa Rica et accorde un accès préférentiel immédiat aux principaux produits de l’offre exportable costaricienne. Bien que les échanges commerciaux historiques aient oscillé autour de 50 millions de dollars par an, le pari du pouvoir exécutif n’est pas seulement volumétrique, mais qualitatif.
Pour le secteur productif national, le bénéfice est double :
- Exportation : Le café de spécialité, les dispositifs médicaux, l’ananas et le sucre gagnent en compétitivité sur le marché israélien.
- Importation Stratégique : L’accès à des intrants tels que les produits agrochimiques à haute efficacité et les systèmes d’irrigation de précision est vital pour la modernisation de l’agriculture costaricienne face au changement climatique.
Controverse et tensions internationales
La signature de l’accord intervient à un moment de haute sensibilité politique. Divers secteurs sociaux, universitaires et organismes internationaux — y compris des rapporteurs de l’ONU — ont demandé au gouvernement du Costa Rica de suspendre le processus, invoquant les tensions et le conflit dans la bande de Gaza.
Parallèlement, des analystes internationaux ont observé un virage dans la politique étrangère costaricienne. En décembre 2025, le pays a modifié sa tendance historique de vote aux Nations Unies, optant pour l’abstention lors de résolutions critiques envers Israël, ce que les experts interprètent comme un alignement diplomatique lié à l’agenda commercial.
Prochaines étapes : Le débat se déplace au Congrès
Le document étant désormais signé, la responsabilité incombe à l’Assemblée législative du Costa Rica. En ce début d’année 2026, le texte entrera dans le circuit législatif pour être analysé par la Commission des relations internationales. Un débat intense est anticipé en séance plénière, où les députés devront équilibrer les opportunités claires d’investissement dans la cybersécurité, l’agritech et les services numériques, face aux pressions des groupes de défense des droits de l’homme qui remettent en question l’opportunité éthique du pacte dans le contexte actuel.





