Après des années d’attente et de critiques concernant l’absence d’une réglementation technique, le Costa Rica a franchi une étape historique dans son système de protection de l’enfance. Depuis le 7 janvier 2026, un nouveau règlement est entré en vigueur, permettant aux femmes enceintes de manifester leur volonté de confier leur enfant à l’adoption avant la naissance, garantissant ainsi un processus ordonné, sûr et humain, tant pour la mère que pour le mineur.
La fin du vide juridique
Bien que la loi costaricienne prévoyait déjà la possibilité de l’adoption prénatale, l’absence de règlement spécifique empêchait le personnel médical et les travailleurs sociaux du PANI d’agir de manière coordonnée pendant la grossesse. Avec la nouvelle norme, une voie claire est établie : si une femme exprime un désintérêt pour l’exercice de la parentalité, les centres de santé doivent activer immédiatement un protocole d’information et de référence auprès du Patronage National de l’Enfance.
Un processus centré sur la volonté et l’accompagnement
Le règlement souligne que la décision de la mère doit être libre et éclairée. Durant la grossesse, la femme recevra un accompagnement psychologique et juridique. Un élément clé est que le consentement définitif n’est pas signé pendant la grossesse, mais jusqu’à 40 jours calendaires après l’accouchement, afin de permettre un temps de réflexion.
Rapidification de l’attribution des familles
L’un des principaux avantages de cette mesure est la réduction du temps passé par les bébés dans les foyers institutionnels. Avec le nouveau système, le PANI peut identifier et évaluer la famille adoptive à l’avance. Une fois le bébé né et la décision confirmée, la famille sélectionnée dispose de 48 heures pour valider l’accueil, permettant au nouveau-né de passer directement du centre de santé à un foyer définitif.
Protection en cas de conflit de paternité
La réglementation prévoit également des situations où le père biologique s’oppose à l’adoption. Dans ces cas, le PANI est tenu de demander des tests de paternité de manière accélérée. Si la paternité est confirmée et que l’homme est déclaré apte après une évaluation d’un mois, celui-ci pourra assumer la garde du mineur, en priorisant toujours son bien-être et son droit à l’identité.
Vers un système plus humain
Selon les spécialistes du droit de la famille, cette avancée ne désengorge pas seulement le système judiciaire ; elle offre également une alternative éthique aux femmes en situation de vulnérabilité, évitant que l’incertitude ne mène à des abandons dangereux ou à des processus traumatiques. Le Costa Rica s’aligne ainsi sur les standards internationaux visant à garantir que chaque enfant puisse exercer son droit fondamental de grandir au sein d’une famille dès ses premiers jours de vie.






