{"id":12259,"date":"2026-04-15T15:26:45","date_gmt":"2026-04-15T21:26:45","guid":{"rendered":"https:\/\/peopleofcostarica.com\/?post_type=historyofcr&#038;p=12259"},"modified":"2026-04-15T15:30:36","modified_gmt":"2026-04-15T21:30:36","slug":"juan-santamaria-le-heros-de-la-campagne-nationale","status":"publish","type":"historyofcr","link":"https:\/\/peopleofcostarica.com\/fr\/historyofcr\/juan-santamaria-le-heros-de-la-campagne-nationale\/","title":{"rendered":"Juan Santamar\u00eda : Le H\u00e9ros de la Campagne Nationale"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">1. Contexte historique et g\u00e9ographique : La menace flibusti\u00e8re et la d\u00e9fense de la souverainet\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p>Au milieu du XIXe si\u00e8cle, l&rsquo;Am\u00e9rique centrale devint un point d&rsquo;int\u00e9r\u00eat g\u00e9opolitique immense en raison de la route de transit interoc\u00e9anique qui traversait le sud du Nicaragua \u2014 un passage strat\u00e9gique reliant l&rsquo;oc\u00e9an Atlantique au Pacifique \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 le chemin de fer transcontinental n&rsquo;existait pas encore. Dans ce contexte complexe, l&rsquo;id\u00e9ologie du \u00ab Destin Manifeste \u00bb prit une grande ampleur, doctrine qui justifiait l&rsquo;expansion territoriale am\u00e9ricaine et poussait des groupes de mercenaires \u00e0 organiser des exp\u00e9ditions militaires non autoris\u00e9es en Am\u00e9rique latine, pratique connue sous le nom de flibusterisme.<\/p>\n\n\n\n<p>Profitant d&rsquo;une guerre civile dans le pays voisin, l&rsquo;Am\u00e9ricain William Walker d\u00e9barqua au Nicaragua en mai 1855. Walker ne tarda pas \u00e0 prendre le contr\u00f4le effectif du gouvernement nicaraguayen, d&rsquo;abord par l&rsquo;interm\u00e9diaire d&rsquo;un pr\u00e9sident provisoire, puis en assumant lui-m\u00eame le pouvoir dictatorial. Les ambitions du flibustier allaient bien au-del\u00e0 de la domination de la route de transit : son objectif \u00e9tait de conqu\u00e9rir le reste de l&rsquo;Am\u00e9rique centrale, d&rsquo;instaurer un empire fond\u00e9 sur la supr\u00e9matie blanche et de r\u00e9tablir l&rsquo;esclavage de la population noire, en r\u00e9voquant \u00e0 cette fin les \u00e9dits d&rsquo;\u00e9mancipation nicaraguayens datant de 1821.<\/p>\n\n\n\n<p>La consolidation de ce r\u00e9gime et les d\u00e9crets de \u00ab colonisation \u00bb promus pour attirer davantage de combattants am\u00e9ricains repr\u00e9sent\u00e8rent une menace directe pour l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 territoriale du Costa Rica. Face au danger imminent, le pr\u00e9sident Juan Rafael Mora Porras agit avec fermet\u00e9. Entre novembre 1855 et mars 1856, Mora Porras \u00e9mit de vibrantes proclamations avertissant les Costariciens des intentions de soumission des flibustiers et lan\u00e7ant un appel ardent aux armes. Sans autre alternative diplomatique, le 1er mars 1856, le pr\u00e9sident Mora d\u00e9clara la guerre aux forces de Walker.<\/p>\n\n\n\n<p>La nation costaricienne, reconnue pour \u00eatre un peuple pacifiste et civiliste, dut se transformer pour faire face \u00e0 l&rsquo;invasion. La r\u00e9ponse \u00e0 l&rsquo;appel pr\u00e9sidentiel fut la courageuse mobilisation d&rsquo;une arm\u00e9e improvis\u00e9e, compos\u00e9e en grande majorit\u00e9 de laboureurs, d&rsquo;artisans et de simples citoyens. Bien qu&rsquo;il s&rsquo;ag\u00eet d&rsquo;une force qui partait presque sans armes et qui devrait affronter de p\u00e9nibles marches sur des chemins poussi\u00e9reux, les troupes se mirent en route vers le Nicaragua le 4 mars 1856, anim\u00e9es par la d\u00e9termination absolue de sauvegarder leur existence en tant que R\u00e9publique libre et ind\u00e9pendante.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-full is-resized\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/AsZTO20-iSNe4mTjvmGtBcUGGsacZu859ASuMGZIyTa8TQmYa9_YzTT2UnT1RLlyUzhbtaNNtU6v_qvObqpFeXegDYJUaeVCcSW7dbcmoXzSIGdzyojAMbA2NTaCPsjkiiHMMza7fdPvR0tWnxFiSeyrIFioNOAlNdEqBpixKlIM7a396668-2apT3pncLsi.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12232\" style=\"width:462px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/AsZTO20-iSNe4mTjvmGtBcUGGsacZu859ASuMGZIyTa8TQmYa9_YzTT2UnT1RLlyUzhbtaNNtU6v_qvObqpFeXegDYJUaeVCcSW7dbcmoXzSIGdzyojAMbA2NTaCPsjkiiHMMza7fdPvR0tWnxFiSeyrIFioNOAlNdEqBpixKlIM7a396668-2apT3pncLsi.jpeg 1024w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/AsZTO20-iSNe4mTjvmGtBcUGGsacZu859ASuMGZIyTa8TQmYa9_YzTT2UnT1RLlyUzhbtaNNtU6v_qvObqpFeXegDYJUaeVCcSW7dbcmoXzSIGdzyojAMbA2NTaCPsjkiiHMMza7fdPvR0tWnxFiSeyrIFioNOAlNdEqBpixKlIM7a396668-2apT3pncLsi-300x300.jpeg 300w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/AsZTO20-iSNe4mTjvmGtBcUGGsacZu859ASuMGZIyTa8TQmYa9_YzTT2UnT1RLlyUzhbtaNNtU6v_qvObqpFeXegDYJUaeVCcSW7dbcmoXzSIGdzyojAMbA2NTaCPsjkiiHMMza7fdPvR0tWnxFiSeyrIFioNOAlNdEqBpixKlIM7a396668-2apT3pncLsi-150x150.jpeg 150w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/AsZTO20-iSNe4mTjvmGtBcUGGsacZu859ASuMGZIyTa8TQmYa9_YzTT2UnT1RLlyUzhbtaNNtU6v_qvObqpFeXegDYJUaeVCcSW7dbcmoXzSIGdzyojAMbA2NTaCPsjkiiHMMza7fdPvR0tWnxFiSeyrIFioNOAlNdEqBpixKlIM7a396668-2apT3pncLsi-768x768.jpeg 768w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">2. Enfance et formation : Le fils d&rsquo;Alajuela, origines modestes et populaires<\/h2>\n\n\n\n<p>Juan Santamar\u00eda naquit dans la ville d&rsquo;Alajuela le 29 ao\u00fbt 1831. Son acte de bapt\u00eame, conserv\u00e9 dans les registres de la Paroisse d&rsquo;Alajuela, l&rsquo;inscrit comme fils de do\u00f1a Manuela, une femme d&rsquo;origine modeste que les documents historiques d\u00e9signent indiff\u00e9remment par les noms de famille Carvajal, Gallego ou Santamar\u00eda. Il grandit dans un foyer de la classe ouvri\u00e8re aux c\u00f4t\u00e9s de ses fr\u00e8re et s\u0153ur, Joaquina et Rufino.<\/p>\n\n\n\n<p>Santamar\u00eda est le reflet vivant du peuple ordinaire costaricien du XIXe si\u00e8cle. D&rsquo;ethnie mul\u00e2tre, il poss\u00e9dait des cheveux tr\u00e8s boucl\u00e9s, trait physique qui lui valut d\u00e8s son jeune \u00e2ge le surnom sous lequel il entrerait dans la post\u00e9rit\u00e9 : \u00ab el Erizo \u00bb (le H\u00e9risson). Malgr\u00e9 les limites \u00e9conomiques \u00e9videntes de sa famille, les t\u00e9moignages historiques confirment que Juan fr\u00e9quenta bien l&rsquo;\u00e9cole primaire, o\u00f9 il apprit \u00e0 jouer du tambour \u2014 un m\u00e9tier musical qui finirait par tracer son destin.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour aider \u00e0 subvenir aux besoins de son foyer, \u00ab el Erizo \u00bb dut entrer dans le monde du travail d\u00e8s l&rsquo;enfance. Tout au long de sa jeunesse, il exer\u00e7a une multiplicit\u00e9 impressionnante de m\u00e9tiers de subsistance : vendeur de friandises, man\u0153uvre, journalier, cueilleur de caf\u00e9, bouvier, aide-ma\u00e7on, sacristain d&rsquo;\u00e9glise et musicien de s\u00e9r\u00e9nade. Finalement, son habilet\u00e9 \u00e0 la percussion le conduisit \u00e0 exercer comme tambour de la Fanfare Militaire d&rsquo;Alajuela. C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment cette origine humble et multifacette qui grandit sa figure, car elle contraste le simple travailleur d&rsquo;Alajuela avec l&rsquo;immense dimension du h\u00e9ros qu&rsquo;il allait devenir.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Note sur les lacunes d&rsquo;information :<\/strong>&nbsp;Les sources historiques officielles et son acte de bapt\u00eame le d\u00e9signent comme \u00ab de p\u00e8re inconnu \u00bb. Bien que certains textes sugg\u00e8rent que son g\u00e9niteur aurait pu \u00eatre un homme d&rsquo;ascendance afro-descendante de la province de Guanacaste, des donn\u00e9es biographiques pr\u00e9cises \u00e0 son sujet font d\u00e9faut. Pour combler cette lacune, il conviendrait de consulter de profondes \u00e9tudes g\u00e9n\u00e9alogiques sur l&rsquo;Alajuela de 1830 ou d&rsquo;autres registres civils alternatifs ; cependant, aux fins de sa narrative h\u00e9ro\u00efque, son noyau familial maternel est celui qui est v\u00e9ritablement influent.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" width=\"734\" height=\"526\" src=\"https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/n3_8lh0e9zBKJUXGzIua6ACevPGkuV6S_br9YQXhCz-BT_N5yL5IVTJuD9ZjhNhX2wfKxRvqlnyryTc8kIsLOdvzGDU6SwUIPVGx3wL_KTmrLES96P4CBYF4Q83quF8jwRbVlJxh70gMJzaCE-FybBKAugaDj6hkYIcek1Gdb9LtOu0uUEH041rPHxgKK4Vy.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12233\" style=\"width:469px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/n3_8lh0e9zBKJUXGzIua6ACevPGkuV6S_br9YQXhCz-BT_N5yL5IVTJuD9ZjhNhX2wfKxRvqlnyryTc8kIsLOdvzGDU6SwUIPVGx3wL_KTmrLES96P4CBYF4Q83quF8jwRbVlJxh70gMJzaCE-FybBKAugaDj6hkYIcek1Gdb9LtOu0uUEH041rPHxgKK4Vy.jpeg 734w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/n3_8lh0e9zBKJUXGzIua6ACevPGkuV6S_br9YQXhCz-BT_N5yL5IVTJuD9ZjhNhX2wfKxRvqlnyryTc8kIsLOdvzGDU6SwUIPVGx3wL_KTmrLES96P4CBYF4Q83quF8jwRbVlJxh70gMJzaCE-FybBKAugaDj6hkYIcek1Gdb9LtOu0uUEH041rPHxgKK4Vy-300x215.jpeg 300w\" sizes=\"(max-width: 734px) 100vw, 734px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">3. Premiers pas et premier r\u00f4le important : Le \u00ab petit tambour \u00bb des milices costariciennes<\/h2>\n\n\n\n<p>Le talent musical que Juan Santamar\u00eda acquit durant son passage \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole primaire fut le pont direct entre sa vie civile ordinaire et son destin historique. Sa ma\u00eetrise de la percussion lui permit de s&rsquo;int\u00e9grer comme tambour dans la Fanfare Militaire d&rsquo;Alajuela, m\u00e9tier qui motiverait sa participation ult\u00e9rieure et son recrutement dans l&rsquo;arm\u00e9e costaricienne. En fait, les t\u00e9moignages historiques placent des registres d&rsquo;un \u00ab Juan Santamar\u00eda \u00bb sur les listes des milices de la province d&rsquo;Alajuela d\u00e8s l&rsquo;ann\u00e9e 1843. En raison de la nature de son modeste mais vital r\u00f4le, la tradition et les t\u00e9moignages se souviendraient historiquement de lui comme du \u00ab tamborcillo \u00bb (petit tambour) des troupes.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque le pr\u00e9sident Juan Rafael Mora Porras d\u00e9clara officiellement la guerre aux flibustiers de William Walker le 1er mars 1856, la nation dut s&rsquo;organiser d&rsquo;urgence. C&rsquo;est ainsi que le 4 mars \u00e0 huit heures du matin, Santamar\u00eda, \u00e9quip\u00e9 de son fusil et de son tambour, quitta sa ville natale pour s&rsquo;incorporer formellement \u00e0 l&rsquo;arm\u00e9e exp\u00e9ditionnaire qui marcherait vers le nord combattre en d\u00e9fense de la patrie. Il est fondamental de souligner l&rsquo;\u00e9norme courage de ces troupes r\u00e9guli\u00e8res : il s&rsquo;agissait d&rsquo;une arm\u00e9e improvis\u00e9e, compos\u00e9e en immense majorit\u00e9 de courageux laboureurs, artisans et citoyens ordinaires qui abandonn\u00e8rent leurs m\u00e9tiers de subsistance pour d\u00e9fendre l&rsquo;existence du Costa Rica en tant que R\u00e9publique libre.<\/p>\n\n\n\n<p>La travers\u00e9e vers le Nicaragua fut loin d&rsquo;\u00eatre un d\u00e9ploiement militaire moderne et bien approvisionn\u00e9. Les forces costariciennes durent affronter des conditions extr\u00eamement rudimentaires et \u00e9puisantes dans leur avance vers le pays voisin. La marche s&rsquo;effectua sur des chemins poussi\u00e9reux et sous une s\u00e9v\u00e8re et p\u00e9nible p\u00e9nurie d&rsquo;eau. Malgr\u00e9 la pr\u00e9carit\u00e9 logistique et la menace imminente d&rsquo;affronter des mercenaires bien arm\u00e9s, le jeune \u00ab tamborcillo \u00bb d&rsquo;Alajuela et ses compagnons maintinrent un pas ferme vers le front de bataille, se pr\u00e9parant mentalement au combat d\u00e9cisif et sanglant qui les attendait dans la ville nicaraguayenne de Rivas.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">4. Moments cl\u00e9s de sa vie publique : Le feu r\u00e9dempteur, la Bataille de Rivas et l&rsquo;incendie du Mes\u00f3n<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 11 avril 1856, le destin de la Campagne Nationale et la vie du jeune homme d&rsquo;Alajuela convergerent de fa\u00e7on d\u00e9finitive. Ce jour-l\u00e0, les troupes flibusti\u00e8res de William Walker lanc\u00e8rent une attaque surprise contre l&rsquo;arm\u00e9e costaricienne stationn\u00e9e dans la ville nicaraguayenne de Rivas. Dans les premiers instants, la situation fut chaotique pour les d\u00e9fenseurs ; l&rsquo;ennemi, lourdement arm\u00e9, s&#8217;empara rapidement de la place principale et des maisons avoisinantes, tirant depuis les toits et causant des ravages dans les rangs costariciens. Un combat acharn\u00e9 et \u00e9puisant \u00e9clata, combattu rue par rue et corps \u00e0 corps.<\/p>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 la courageuse mais acharn\u00e9e r\u00e9sistance des Costariciens \u2014 encourag\u00e9s en personne par le pr\u00e9sident Mora \u2014, les forces flibusti\u00e8res sous le commandement du colonel Sanders opt\u00e8rent pour la retraite. Ils cherch\u00e8rent refuge dans ce qu&rsquo;on appelait le Mes\u00f3n de Guerra, une robuste b\u00e2tisse aux \u00e9pais murs d&rsquo;adobe situ\u00e9e \u00e0 un angle strat\u00e9gique de la place. Depuis ses fen\u00eatres et ses bastions, les tireurs d&rsquo;\u00e9lite mercenaires \u00e9tablirent un barrage de feu l\u00e9tal qui d\u00e9cimait les troupes centram\u00e9ricaines et rendait toute avance directe impossible.<\/p>\n\n\n\n<p>Comprenant que la seule fa\u00e7on de d\u00e9loger les flibustiers de leur forteresse \u00e9tait d&rsquo;y mettre le feu, le haut commandement costaricien ordonna d&rsquo;incendier le b\u00e2timent. L&rsquo;entreprise \u00e9tait presque suicidaire, car elle impliquait de s&rsquo;exposer \u00e0 bout portant aux canons des fusils ennemis pour pouvoir enflammer le toit, compos\u00e9 d&rsquo;armatures en bois et de roseaux secs. Le lieutenant cartaginois Luis Pacheco Bertora fut le premier volontaire \u00e0 se porter en avant ; cependant, dans sa courageuse tentative, il tomba gri\u00e8vement bless\u00e9 apr\u00e8s avoir re\u00e7u trois balles. Imm\u00e9diatement, un soldat nicaraguayen qui combattait dans les rangs costariciens, Joaqu\u00edn Rosales, arracha la torche des mains du lieutenant tomb\u00e9, mais fut abattu avant de parvenir \u00e0 propager les flammes.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce fut \u00e0 cet instant critique et d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 que le modeste \u00ab tamborcillo \u00bb, le soldat Juan Santamar\u00eda, s&rsquo;avan\u00e7a en brandissant la torche flamboyante. La tradition et les t\u00e9moignages documentaires rapportent que le jeune homme d&rsquo;Alajuela s&rsquo;offrit comme volontaire avec une seule et in\u00e9branlable condition : il demanda \u00e0 ses sup\u00e9rieurs et camarades que, s&rsquo;il mourait, ils prennent soin de sa vieille m\u00e8re, do\u00f1a Manuela.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec une d\u00e9termination absolue, Santamar\u00eda courut sous une pluie de plomb vers l&rsquo;angle sud-ouest du b\u00e2timent et leva le bras pour appliquer la flamme \u00e0 l&rsquo;auvent dess\u00e9ch\u00e9. Le feu prit vigoureusement sur la paille et les roseaux, se propageant rapidement et for\u00e7ant les flibustiers \u00e0 abandonner leur position avantageuse. L&rsquo;action tactique fut un succ\u00e8s retentissant qui changea le cours du combat, mais le sacrifice s&rsquo;accomplit : le h\u00e9ros d&rsquo;Alajuela ne parvint pas \u00e0 \u00e9chapper aux tirs crois\u00e9s et tomba abattu au pied de la b\u00e2tisse, atteint par les balles des tireurs d&rsquo;\u00e9lite ennemis. L&rsquo;immol\u00e9 \u00ab Erizo \u00bb donnait ainsi sa vie, scellant de son sang la victoire du Costa Rica et la libert\u00e9 de l&rsquo;Am\u00e9rique centrale.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" width=\"996\" height=\"756\" src=\"https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/La_Quema_del_Meson.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12234\" style=\"aspect-ratio:1.3174823735268386;width:423px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/La_Quema_del_Meson.jpg 996w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/La_Quema_del_Meson-300x228.jpg 300w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/La_Quema_del_Meson-768x583.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 996px) 100vw, 996px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">5. Conflits, d\u00e9cisions et d\u00e9fis : L&rsquo;homme derri\u00e8re le mythe \u2014 doutes, d\u00e9bats et v\u00e9rit\u00e9s historiques<\/h2>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 la transcendance de son sacrifice, la figure de Juan Santamar\u00eda ne fut pas exempte de remises en question et de d\u00e9bats au fil du temps. \u00c0 la fin du XIXe si\u00e8cle et au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, son existence et la v\u00e9racit\u00e9 de son acte h\u00e9ro\u00efque furent mises en doute par diverses figures politiques et intellectuelles. L&rsquo;historien guat\u00e9malt\u00e8que Lorenzo Mont\u00fafar, dans son livre&nbsp;<em>Walker en Centroam\u00e9rica<\/em>, remit fortement en question l&rsquo;authenticit\u00e9 de l&rsquo;acte h\u00e9ro\u00efque du petit tambour. Des d\u00e9cennies plus tard, en 1926, le pr\u00eatre et d\u00e9put\u00e9 costaricien Jorge Volio alla jusqu&rsquo;\u00e0 qualifier l&rsquo;exploit de \u00ab mythe \u00bb, s&rsquo;opposant m\u00eame \u00e0 l&rsquo;attribution d&rsquo;une pension \u00e0 des cousines germaines du h\u00e9ros. \u00c0 cela s&rsquo;ajout\u00e8rent des d\u00e9clarations d&rsquo;\u00e9trangers, comme le Chilien Julio Sanfuentes en 1901, qui affirmait que l&rsquo;immolation \u00e9tait une invention.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;un des plus grands d\u00e9clencheurs de cette controverse historique fut un registre inexact r\u00e9alis\u00e9 par l&rsquo;aum\u00f4nier de l&rsquo;arm\u00e9e costaricienne, le pr\u00eatre Francisco Calvo. Dans un registre des d\u00e9c\u00e8s, le pr\u00eatre nota qu&rsquo;un \u00ab Juan Santamar\u00eda \u00bb \u00e9tait d\u00e9c\u00e9d\u00e9 des suites de l&rsquo;\u00e9pid\u00e9mie de chol\u00e9ra morbus et non au combat. Cependant, des recherches ult\u00e9rieures clarific\u00e8rent ce malentendu. En 1926, le chercheur Eladio Prado d\u00e9montra que ledit registre de d\u00e9c\u00e8s pr\u00e9sentait de graves d\u00e9ficiences : il ne fut pas r\u00e9dig\u00e9 sur le champ de bataille, mais en 1857 de fa\u00e7on r\u00e9trospective, et contenait des entr\u00e9es superpos\u00e9es et impr\u00e9cises. De plus, le pr\u00eatre Calvo lui-m\u00eame avoua des ann\u00e9es plus tard au docteur Rafael Calder\u00f3n Mu\u00f1oz que l&rsquo;individu not\u00e9 dans cette entr\u00e9e \u00e9tait, en r\u00e9alit\u00e9, un autre soldat homonyme d\u00e9c\u00e9d\u00e9 du chol\u00e9ra, et non le h\u00e9ros de la journ\u00e9e. Les doutes furent encore davantage dissip\u00e9s dans les ann\u00e9es 1990, lorsqu&rsquo;un index militaire de la Secr\u00e9tairerie de la Guerre fut d\u00e9couvert, confirmant la mort au combat de Juan Santamar\u00eda entre avril et mai 1856, aux c\u00f4t\u00e9s d&rsquo;autres soldats tomb\u00e9s \u00e0 Rivas.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour faire face aux premi\u00e8res remises en question \u2014 particuli\u00e8rement au d\u00e9fi pos\u00e9 par Mont\u00fafar \u2014, l&rsquo;\u00c9tat et la Municipalit\u00e9 d&rsquo;Alajuela se donn\u00e8rent pour mission de rassembler des preuves irr\u00e9futables. En 1891, une \u00ab Informaci\u00f3n ad perpetuam \u00bb sous serment fut lev\u00e9e, compilant des t\u00e9moignages jur\u00e9s d&rsquo;anciens combattants et v\u00e9t\u00e9rans de la Campagne Nationale. Ces r\u00e9cits de t\u00e9moins oculaires confirm\u00e8rent de mani\u00e8re solide que Santamar\u00eda exista, qu&rsquo;il participa \u00e0 la bataille et qu&rsquo;il mourut effectivement en incendiant la b\u00e2tisse.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, la maturit\u00e9 de la recherche historique moderne a permis d&rsquo;aborder un d\u00e9bat sur le protagonisme partag\u00e9 de l&rsquo;exploit, sans que cela ne diminue le m\u00e9rite du h\u00e9ros d&rsquo;Alajuela. Les documents historiques confirment que Santamar\u00eda n&rsquo;agit pas seul et ne fut pas le premier \u00e0 tenter l&rsquo;action. Avant lui, le sous-lieutenant cartaginois Luis Pacheco Bertora se porta volontaire pour la mission quasi suicidaire, \u00e9tant gri\u00e8vement bless\u00e9 apr\u00e8s avoir re\u00e7u trois coups de feu en tentant d&rsquo;approcher le feu. Apr\u00e8s la chute de Pacheco, le soldat nicaraguayen Joaqu\u00edn Rosales, qui combattait dans le camp costaricien, s&#8217;empara de la torche mais fut abattu avant de propager les flammes. Ce fut le succ\u00e8s d\u00e9cisif de Juan Santamar\u00eda \u00e0 \u00e9tendre le feu sur le toit de paille et de bois \u2014 en s&rsquo;immolant dans l&rsquo;acte \u2014 qui couronna l&rsquo;exploit. Reconna\u00eetre le courage de Pacheco Bertora et de Rosales enrichit la narrative historique, d\u00e9montrant que la victoire fut le produit d&rsquo;un sacrifice collectif et non d&rsquo;un acte isol\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"697\" src=\"https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/h6O3658ZK4-MS5oTVwyb1tlAGLt-qiP3rnemzrKQFE-PE0VgfyprphMEBTSbDdJTsHXBYOGZnCw6cIEC7r6L67Z86J1WkM3UsaF6wTR18h3BRA2sFgOjVaM_3C1ZDZXzJ8D9qYxkYVpfuxT-8ubvz74Ag_ScWm1SEY5GVi1tnoemqHBr7-nYPpMVWPT5JoaZ-1024x697.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12235\" style=\"width:551px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/h6O3658ZK4-MS5oTVwyb1tlAGLt-qiP3rnemzrKQFE-PE0VgfyprphMEBTSbDdJTsHXBYOGZnCw6cIEC7r6L67Z86J1WkM3UsaF6wTR18h3BRA2sFgOjVaM_3C1ZDZXzJ8D9qYxkYVpfuxT-8ubvz74Ag_ScWm1SEY5GVi1tnoemqHBr7-nYPpMVWPT5JoaZ-1024x697.jpeg 1024w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/h6O3658ZK4-MS5oTVwyb1tlAGLt-qiP3rnemzrKQFE-PE0VgfyprphMEBTSbDdJTsHXBYOGZnCw6cIEC7r6L67Z86J1WkM3UsaF6wTR18h3BRA2sFgOjVaM_3C1ZDZXzJ8D9qYxkYVpfuxT-8ubvz74Ag_ScWm1SEY5GVi1tnoemqHBr7-nYPpMVWPT5JoaZ-300x204.jpeg 300w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/h6O3658ZK4-MS5oTVwyb1tlAGLt-qiP3rnemzrKQFE-PE0VgfyprphMEBTSbDdJTsHXBYOGZnCw6cIEC7r6L67Z86J1WkM3UsaF6wTR18h3BRA2sFgOjVaM_3C1ZDZXzJ8D9qYxkYVpfuxT-8ubvz74Ag_ScWm1SEY5GVi1tnoemqHBr7-nYPpMVWPT5JoaZ-768x522.jpeg 768w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/h6O3658ZK4-MS5oTVwyb1tlAGLt-qiP3rnemzrKQFE-PE0VgfyprphMEBTSbDdJTsHXBYOGZnCw6cIEC7r6L67Z86J1WkM3UsaF6wTR18h3BRA2sFgOjVaM_3C1ZDZXzJ8D9qYxkYVpfuxT-8ubvz74Ag_ScWm1SEY5GVi1tnoemqHBr7-nYPpMVWPT5JoaZ-1536x1045.jpeg 1536w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/h6O3658ZK4-MS5oTVwyb1tlAGLt-qiP3rnemzrKQFE-PE0VgfyprphMEBTSbDdJTsHXBYOGZnCw6cIEC7r6L67Z86J1WkM3UsaF6wTR18h3BRA2sFgOjVaM_3C1ZDZXzJ8D9qYxkYVpfuxT-8ubvz74Ag_ScWm1SEY5GVi1tnoemqHBr7-nYPpMVWPT5JoaZ-2048x1393.jpeg 2048w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/h6O3658ZK4-MS5oTVwyb1tlAGLt-qiP3rnemzrKQFE-PE0VgfyprphMEBTSbDdJTsHXBYOGZnCw6cIEC7r6L67Z86J1WkM3UsaF6wTR18h3BRA2sFgOjVaM_3C1ZDZXzJ8D9qYxkYVpfuxT-8ubvz74Ag_ScWm1SEY5GVi1tnoemqHBr7-nYPpMVWPT5JoaZ-1320x898.jpeg 1320w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">6. R\u00e9alisations et h\u00e9ritage : De l&rsquo;oubli au pi\u00e9destal \u2014 la construction du H\u00e9ros National<\/h2>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s la conclusion de la Campagne Nationale, la premi\u00e8re reconnaissance officielle du sacrifice du jeune soldat arriva par la voie de la n\u00e9cessit\u00e9 familiale. Le 19 novembre 1857, sa m\u00e8re, do\u00f1a Manuela Carvajal (Santamar\u00eda), pr\u00e9senta une demande de pension au gouvernement, indiquant qu&rsquo;elle \u00e9tait d&rsquo;un \u00e2ge avanc\u00e9 et sans ressources apr\u00e8s avoir perdu son unique fils \u00e0 Rivas. Quelques jours plus tard, le 24 novembre, le pr\u00e9sident Juan Rafael Mora Porras approuva une pension viag\u00e8re, laissant une preuve document\u00e9e de la v\u00e9racit\u00e9 des faits et de l&rsquo;h\u00e9ro\u00efque \u00ab intr\u00e9pidit\u00e9 \u00bb avec laquelle le tambour d&rsquo;Alajuela perdit la vie pour d\u00e9loger l&rsquo;ennemi.<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 cette pr\u00e9coce confirmation \u00e9tatique, les trois d\u00e9cennies suivant la guerre furent caract\u00e9ris\u00e9es par un \u00e9trange oubli gouvernemental, durant lequel la m\u00e9moire du h\u00e9ros fut pr\u00e9serv\u00e9e presque exclusivement dans la tradition orale du peuple d&rsquo;Alajuela. Curieusement, les premi\u00e8res voix qui s&rsquo;\u00e9lev\u00e8rent dans la sph\u00e8re publique pour sauver sa figure de l&rsquo;anonymat officiel furent celles de deux diplomates et intellectuels \u00e9trangers exil\u00e9s au Costa Rica : le politique de la Nouvelle-Grenade (Colombie) Jos\u00e9 de Obald\u00eda en 1864, et le journaliste hondurien \u00c1lvaro Contreras en 1885. Tous deux prononc\u00e8rent de vibrantes allocutions dans lesquelles ils rappelaient \u00e0 la nation l&rsquo;immense sacrifice du modeste \u00ab martyr sublime \u00bb et attiraient l&rsquo;attention sur le d\u00e9nuement de sa m\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce n&rsquo;est qu&rsquo;\u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle que l&rsquo;\u00c9tat lib\u00e9ral costaricien entreprit un projet syst\u00e9matique pour consolider l&rsquo;identit\u00e9 nationale et rassembler la soci\u00e9t\u00e9 autour d&rsquo;un pass\u00e9 commun. \u00c0 cette fin, la figure de Juan Santamar\u00eda se r\u00e9v\u00e9la id\u00e9ale : un homme humble, du peuple, qui incarnait les valeurs de loyaut\u00e9, de patriotisme et de sacrifice d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9. En 1887, le gouvernement promut une souscription publique (collecte nationale) pour financer un monument en son honneur. L&rsquo;aboutissement de cet effort eut lieu le 15 septembre 1891, lorsque, au milieu de c\u00e9l\u00e9brations grandioses et fastueuses \u00e0 Alajuela, l&rsquo;imposante statue de bronze du h\u00e9ros fut d\u00e9voil\u00e9e. L&rsquo;\u0153uvre, command\u00e9e au sculpteur fran\u00e7ais Aristide On\u00e9sime Croisy, pr\u00e9sentait une figure id\u00e9alis\u00e9e, athl\u00e9tique, aux traits assimilables \u00e0 ceux d&rsquo;un soldat europ\u00e9en, immortalisant l&rsquo;instant o\u00f9 il brandit la torche flamboyante.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette cons\u00e9cration d&rsquo;un h\u00e9ros de bronze d\u00e9clencha cependant une profonde lutte artistique et id\u00e9ologique sur la mani\u00e8re dont le fils du peuple devait \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9. En 1896, le peintre costaricien Enrique Echandi d\u00e9fia l&rsquo;esth\u00e9tique monumentale d&rsquo;inspiration fran\u00e7aise en pr\u00e9sentant son huile sur toile&nbsp;<em>La Quema del Mes\u00f3n<\/em>&nbsp;(L&rsquo;Incendie du Mes\u00f3n). Contrairement \u00e0 la statue, Echandi portraitura Santamar\u00eda avec un souci r\u00e9aliste : un modeste paysan au teint brun, souffrant, ensanglant\u00e9 et touch\u00e9 par les balles dans l&rsquo;acte d&rsquo;approcher le feu de l&rsquo;auvent. Cette vision crue et humaine entra fortement en conflit avec les id\u00e9aux de l&rsquo;\u00e9lite de l&rsquo;\u00e9poque ; la presse officielle et des personnages comme le directeur du journal&nbsp;<em>La Rep\u00fablica<\/em>&nbsp;qualifi\u00e8rent le tableau de \u00ab caricature \u00bb, exigeant m\u00eame que la toile soit br\u00fbl\u00e9e, la consid\u00e9rant comme une insulte au patriotisme. Ce d\u00e9bat mit en \u00e9vidence les tensions entre la construction mythique d&rsquo;un h\u00e9ros officiel impeccable et la dure r\u00e9alit\u00e9 du sacrifice d&rsquo;un simple soldat mul\u00e2tre qui donna sa vie pour la nation.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"714\" src=\"https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/mUm3-HnPhLxbPg7V-7VIOcGTUJsL9RHsII_RKzdKee11pN0z71kCs3x6K9rR3Pcm-GdwFqh_FiDygR9j_HagsdLn-MCbGAzrI0XS2pP3OIi3i4Vidw_rSvE8ai01OO_it87YIehvzPeA5tid0jMUv-AMmOxs9E-M_lwWAIKdAnp6Z4k8_dk9trFNEjE8MFfR-1024x714.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12236\" style=\"width:462px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/mUm3-HnPhLxbPg7V-7VIOcGTUJsL9RHsII_RKzdKee11pN0z71kCs3x6K9rR3Pcm-GdwFqh_FiDygR9j_HagsdLn-MCbGAzrI0XS2pP3OIi3i4Vidw_rSvE8ai01OO_it87YIehvzPeA5tid0jMUv-AMmOxs9E-M_lwWAIKdAnp6Z4k8_dk9trFNEjE8MFfR-1024x714.jpeg 1024w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/mUm3-HnPhLxbPg7V-7VIOcGTUJsL9RHsII_RKzdKee11pN0z71kCs3x6K9rR3Pcm-GdwFqh_FiDygR9j_HagsdLn-MCbGAzrI0XS2pP3OIi3i4Vidw_rSvE8ai01OO_it87YIehvzPeA5tid0jMUv-AMmOxs9E-M_lwWAIKdAnp6Z4k8_dk9trFNEjE8MFfR-300x209.jpeg 300w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/mUm3-HnPhLxbPg7V-7VIOcGTUJsL9RHsII_RKzdKee11pN0z71kCs3x6K9rR3Pcm-GdwFqh_FiDygR9j_HagsdLn-MCbGAzrI0XS2pP3OIi3i4Vidw_rSvE8ai01OO_it87YIehvzPeA5tid0jMUv-AMmOxs9E-M_lwWAIKdAnp6Z4k8_dk9trFNEjE8MFfR-768x536.jpeg 768w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/mUm3-HnPhLxbPg7V-7VIOcGTUJsL9RHsII_RKzdKee11pN0z71kCs3x6K9rR3Pcm-GdwFqh_FiDygR9j_HagsdLn-MCbGAzrI0XS2pP3OIi3i4Vidw_rSvE8ai01OO_it87YIehvzPeA5tid0jMUv-AMmOxs9E-M_lwWAIKdAnp6Z4k8_dk9trFNEjE8MFfR-1536x1071.jpeg 1536w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/mUm3-HnPhLxbPg7V-7VIOcGTUJsL9RHsII_RKzdKee11pN0z71kCs3x6K9rR3Pcm-GdwFqh_FiDygR9j_HagsdLn-MCbGAzrI0XS2pP3OIi3i4Vidw_rSvE8ai01OO_it87YIehvzPeA5tid0jMUv-AMmOxs9E-M_lwWAIKdAnp6Z4k8_dk9trFNEjE8MFfR-1320x920.jpeg 1320w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/mUm3-HnPhLxbPg7V-7VIOcGTUJsL9RHsII_RKzdKee11pN0z71kCs3x6K9rR3Pcm-GdwFqh_FiDygR9j_HagsdLn-MCbGAzrI0XS2pP3OIi3i4Vidw_rSvE8ai01OO_it87YIehvzPeA5tid0jMUv-AMmOxs9E-M_lwWAIKdAnp6Z4k8_dk9trFNEjE8MFfR.jpeg 2048w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">7. Impact sur le Costa Rica et projection actuelle : Symbole inextinguible de l&rsquo;identit\u00e9 costaricienne<\/h2>\n\n\n\n<p>L&rsquo;impact de Juan Santamar\u00eda sur la soci\u00e9t\u00e9 costaricienne transcenda le d\u00e9bat historique pour devenir un pilier incontestable de la culture civique du pays. Au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, les manifestations spontan\u00e9es de diverses communaut\u00e9s pour lui rendre hommage motiv\u00e8rent une \u00e9tape d\u00e9cisive dans la ritualisation de sa figure : en 1915, sous l&rsquo;administration d&rsquo;Alfredo Gonz\u00e1lez Flores, les d\u00e9put\u00e9s d\u00e9clar\u00e8rent officiellement le 11 avril jour de f\u00eate nationale. Depuis lors, cette date s&rsquo;est consolid\u00e9e comme un \u00e9v\u00e9nement civique fondamental au cours duquel \u00e9tudiants, enseignants et le peuple en g\u00e9n\u00e9ral maintiennent vivante la m\u00e9moire de son sacrifice.<\/p>\n\n\n\n<p>La cons\u00e9cration du h\u00e9ros s&rsquo;est \u00e9galement mat\u00e9rialis\u00e9e dans l&rsquo;espace physique et institutionnel de la nation. En son honneur, le principal terminal a\u00e9rien du pays fut baptis\u00e9 A\u00e9roport International Juan Santamar\u00eda, projetant son h\u00e9ritage vers tous ceux qui visitent le Costa Rica. De m\u00eame, le 4 d\u00e9cembre 1974, le Mus\u00e9e Historique Culturel Juan Santamar\u00eda (MHCJS) fut fond\u00e9 par la Loi No. 5619, avec pour mission primordiale de sauvegarder et d&rsquo;\u00e9duquer sur la m\u00e9moire de la Campagne Nationale de 1856-1857. En 1979, le transfert de ce mus\u00e9e vers les solides installations de l&rsquo;ancienne Prison d&rsquo;Alajuela fut autoris\u00e9, aboutissant \u00e0 une belle m\u00e9tamorphose urbaine : un b\u00e2timent originellement con\u00e7u pour le ch\u00e2timent et l&rsquo;enfermement se transforma de mani\u00e8re permanente en un dynamique \u00e9picentre d&rsquo;\u00e9ducation, d&rsquo;art et de m\u00e9moire collective.<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd&rsquo;hui, la pertinence de \u00ab l&rsquo;Erizo \u00bb continue d&rsquo;inspirer la R\u00e9publique moderne et de rassembler sa soci\u00e9t\u00e9. Pour pallier l&rsquo;absence d&rsquo;une d\u00e9claration officielle d\u00e9finitive \u00e9manant de la supr\u00eame repr\u00e9sentation populaire, des projets de loi ont \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9s \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e L\u00e9gislative \u2014 comme l&rsquo;exp\u00e9dient N\u00b0 17.866 \u2014 visant \u00e0 le d\u00e9clarer formellement et irr\u00e9vocablement \u00ab H\u00e9ros National et Lib\u00e9rateur de la Patrie \u00bb. Cet effort juridique et historique cherche \u00e0 placer le modeste tambour d&rsquo;Alajuela sur le plus haut pi\u00e9destal officiel, r\u00e9affirmant que c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment durant la Campagne Nationale que fut forg\u00e9e l&rsquo;identit\u00e9 d&rsquo;un peuple civiliste, pacifiste et presque d\u00e9sarm\u00e9, qui sut se lever pour d\u00e9fendre sa souverainet\u00e9 et sa libert\u00e9 face \u00e0 la menace \u00e9trang\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>En d\u00e9finitive, Juan Santamar\u00eda repr\u00e9sente la particularit\u00e9 d&rsquo;une d\u00e9mocratie socialement inclusive, car le Costa Rica se distingue en reconnaissant comme son h\u00e9ros supr\u00eame une figure issue des secteurs les plus humbles et populaires de sa soci\u00e9t\u00e9. Son sacrifice au pied du Mes\u00f3n n&rsquo;assura pas seulement une victoire militaire, mais alluma une torche flamboyante qui demeure aujourd&rsquo;hui un symbole inextinguible d&rsquo;unit\u00e9 nationale, rappelant aux nouvelles g\u00e9n\u00e9rations la valeur supr\u00eame de l&rsquo;ind\u00e9pendance, du d\u00e9sint\u00e9ressement et de l&rsquo;amour de la patrie.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"640\" height=\"360\" data-id=\"12237\" src=\"https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/zZNKWlJH5HRAEyMJumlbWfl4myBnWaR0iJxQ2S0mJCuW5i0iC3J5D_0grSRS58cl8Et85_U7gB_m3P7_Dvmcw8QWGgMPJXDr44rEcbUfZJpfBuDWIICe1SFB4HOKB9V-6Y0iQh6tuzRgQ_Di7bfmsyXu-HUls1NfzSPcb3kp0B_OYt4v9VT_mzp8QMK1nItu.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12237\" 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