{"id":12225,"date":"2026-04-14T12:00:12","date_gmt":"2026-04-14T18:00:12","guid":{"rendered":"https:\/\/peopleofcostarica.com\/?post_type=historyofcr&#038;p=12225"},"modified":"2026-04-15T15:14:28","modified_gmt":"2026-04-15T21:14:28","slug":"don-pepe-figueres-la-deuxieme-republique-libre-darmee","status":"publish","type":"historyofcr","link":"https:\/\/peopleofcostarica.com\/fr\/historyofcr\/don-pepe-figueres-la-deuxieme-republique-libre-darmee\/","title":{"rendered":"Don Pepe Figueres, la Deuxi\u00e8me R\u00e9publique Libre d&rsquo;Arm\u00e9e."},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Biographie de Jos\u00e9 Figueres Ferrer (\u00ab Don Pepe \u00bb)<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">1. Contexte historique et g\u00e9ographique : Le Costa Rica des ann\u00e9es 40 : Entre r\u00e9formes et polarisation<\/h3>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, et tout particuli\u00e8rement vers la d\u00e9cennie 1940, le Costa Rica \u00e9tait un pays \u00e0 pr\u00e9dominance agraire et rurale, dont l&rsquo;\u00e9conomie et la structure sociale s&rsquo;articulaient autour de la production caf\u00e9i\u00e8re. \u00c0 cette \u00e9poque, la soci\u00e9t\u00e9 costaricienne pr\u00e9sentait de profondes in\u00e9galit\u00e9s : tandis qu&rsquo;existait une oligarchie caf\u00e9i\u00e8re tri\u00e9e sur le volet qui dominait la politique et l&rsquo;\u00e9conomie, une grande partie de la population vivait dans des conditions de pauvret\u00e9 ou d&rsquo;indigence. Les t\u00e9moignages de l&rsquo;\u00e9poque relatent que la moiti\u00e9 des habitants allait pieds nus, que les probl\u00e8mes de sant\u00e9 bucco-dentaire \u00e9taient g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9s et que les foyers ruraux manquaient de services de base tels que l&rsquo;eau courante ou l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce contexte, en 1940, le m\u00e9decin Rafael \u00c1ngel Calder\u00f3n Guardia prit la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique. Fortement inspir\u00e9 par la doctrine sociale de l&rsquo;\u00c9glise catholique, Calder\u00f3n se proposa d&rsquo;am\u00e9liorer les conditions des classes laborieuses et de mettre fin \u00e0 la mis\u00e8re. Pour parvenir \u00e0 ses ambitieuses r\u00e9formes et faire face au rejet de l&rsquo;oligarchie qui l&rsquo;avait port\u00e9 au pouvoir, le pr\u00e9sident forgea une alliance politique sans pr\u00e9c\u00e9dent avec le Parti communiste (rebaptis\u00e9 Vanguardia Popular) dirig\u00e9 par Manuel Mora Valverde, et avec l&rsquo;\u00c9glise catholique, repr\u00e9sent\u00e9e par l&rsquo;archev\u00eaque V\u00edctor Manuel Sanabria. De ce pacte naquirent des institutions et des lois historiques qui ciment\u00e8rent l&rsquo;\u00c9tat-providence au Costa Rica, telles que la cr\u00e9ation de l&rsquo;Universit\u00e9 du Costa Rica en 1940, la fondation de la Caisse costaricienne de s\u00e9curit\u00e9 sociale en 1941, l&rsquo;incorporation d&rsquo;un chapitre de Garanties sociales dans la Constitution et la promulgation du Code du travail en 1943.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, le contexte international de la Seconde Guerre mondiale impacta profond\u00e9ment la dynamique interne du pays. Le gouvernement de Calder\u00f3n Guardia s&rsquo;aligna de mani\u00e8re inconditionnelle sur les \u00c9tats-Unis, allant jusqu&rsquo;\u00e0 d\u00e9clarer la guerre au Japon et \u00e0 l&rsquo;Allemagne en d\u00e9cembre 1941, avant m\u00eame que le gouvernement am\u00e9ricain lui-m\u00eame ne le f\u00eet. Cette posture entra\u00eena la pers\u00e9cution des citoyens allemands, italiens et japonais, dont beaucoup furent envoy\u00e9s dans des camps de concentration et virent leurs biens confisqu\u00e9s ou pill\u00e9s. La tension guerri\u00e8re atteignit le sol costaricien le 2 juillet 1942, lorsqu&rsquo;un sous-marin allemand torpilla et coula le navire \u00ab San Pablo \u00bb de la United Fruit Company \u00e0 Puerto Lim\u00f3n, laissant un bilan de 24 travailleurs d\u00e9c\u00e9d\u00e9s. Cet \u00e9v\u00e9nement tragique enflamma les esprits et provoqua, deux jours plus tard, une manifestation massive \u00e0 San Jos\u00e9 qui se termina en \u00e9meutes et en destruction de commerces appartenant \u00e0 des \u00e9trangers.<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 les ind\u00e9niables avanc\u00e9es sociales, la d\u00e9cennie 1940 devint une p\u00e9riode d&rsquo;extr\u00eame convulsion politique. Les rumeurs de corruption, le gaspillage des fonds publics et les accusations de fraudes \u00e9lectorales commenc\u00e8rent \u00e0 miner drastiquement la popularit\u00e9 du gouvernement. L&rsquo;opposition, compos\u00e9e de secteurs conservateurs, d&rsquo;\u00e9lites \u00e9conomiques \u00e9vinc\u00e9es et de groupes de jeunes intellectuels, s&rsquo;alarma face \u00e0 l&rsquo;influence croissante des communistes au pouvoir.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment dans ce bouillonnement de tensions internationales, d&rsquo;effervescence sociale et de polarisation politique que se form\u00e8rent les conditions d&rsquo;une rupture institutionnelle. Dans ce climat de m\u00e9contentement surgit la figure de Jos\u00e9 Figueres Ferrer, un agriculteur et entrepreneur jusqu&rsquo;alors \u00e9tranger \u00e0 la politique traditionnelle, qui trouverait dans cette crise le catalyseur pour entamer sa transformation en architecte de la Deuxi\u00e8me R\u00e9publique.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-large is-resized\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"643\" src=\"https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Picture-2-1024x643.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12088\" style=\"width:500px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Picture-2-1024x643.jpg 1024w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Picture-2-300x188.jpg 300w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Picture-2-768x482.jpg 768w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Picture-2.jpg 1190w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">2. Enfance et formation : Racines catalanes et forgeage d&rsquo;un id\u00e9aliste pragmatique<\/h3>\n\n\n\n<p>Jos\u00e9 Mar\u00eda Hip\u00f3lito Figueres Ferrer naquit le 25 septembre 1906 dans le canton de San Ram\u00f3n, province d&rsquo;Alajuela. Il fut le fils a\u00een\u00e9 du couple form\u00e9 par le m\u00e9decin Mariano Figueres Forges et l&rsquo;\u00e9ducatrice Francisca (Francesca) Ferrer Minguella, tous deux immigrants espagnols d&rsquo;origine catalane. Cet h\u00e9ritage culturel marqua profond\u00e9ment son identit\u00e9 pr\u00e9coce, au point que le catalan fut sa langue maternelle. Note sur les sources : bien que les documents historiques d\u00e9taillent de fa\u00e7on extensive sa vie publique et sa trajectoire professionnelle, il existe un vide concernant les anecdotes intimes sur sa psychologie dans l&rsquo;enfance ou la dynamique familiale pr\u00e9coce ; pour reconstruire cet aspect \u00e9motionnel et priv\u00e9, il serait recommandable dans de futures recherches de consulter la correspondance familiale ou des biographies intimistes de la famille Figueres.<\/p>\n\n\n\n<p>Sa scolarit\u00e9 primaire se d\u00e9roula \u00e0 l&rsquo;\u00c9cole des Gar\u00e7ons de San Ram\u00f3n. Il se rendit ensuite dans la capitale pour effectuer ses \u00e9tudes secondaires, alternant comme \u00e9l\u00e8ve interne au Colegio Seminario et au Liceo de Costa Rica. Ce fut \u00e0 cette \u00e9poque formatrice qu&rsquo;il fit connaissance et noua des liens \u00e9troits avec des personnalit\u00e9s qui seraient plus tard fondamentales dans sa vie politique et professionnelle, comme Francisco \u00ab Chico \u00bb Orlich et Alberto Mart\u00e9n. D\u00e8s son jeune \u00e2ge, il fit preuve d&rsquo;une remarquable curiosit\u00e9 intellectuelle ; parall\u00e8lement \u00e0 ses \u00e9tudes au lyc\u00e9e, il suivit des cours par correspondance en ing\u00e9nierie \u00e9lectrique aupr\u00e8s d&rsquo;une \u00e9cole en Pennsylvanie et apprit l&rsquo;anglais en lisant des auteurs tels que Spencer et Darwin.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1924, d\u00e9sireux d&rsquo;\u00e9largir ses horizons, Figueres voyagea \u00e0 Boston, aux \u00c9tats-Unis, dans un p\u00e9riple qui combina le travail et les \u00e9tudes. Il s&rsquo;y inscrivit au prestigieux Institut de Technologie du Massachusetts (MIT) pour \u00e9tudier l&rsquo;ing\u00e9nierie hydro\u00e9lectrique, sans jamais obtenir son dipl\u00f4me. Pour subvenir \u00e0 ses besoins, il travailla comme contr\u00f4leur de balances \u00e9lectriques \u00e0 la Salada Tea Company, puis se d\u00e9pla\u00e7a \u00e0 New York, o\u00f9 il exer\u00e7a comme traducteur. Cette \u00e9tape nord-am\u00e9ricaine fut cruciale : au-del\u00e0 de l&rsquo;\u00e9ducation formelle, Figueres devint un visiteur assidu des biblioth\u00e8ques publiques de Boston et de New York la nuit, forgeant ainsi une vaste et \u00e9clectique formation autodidacte. Il d\u00e9vora des \u0153uvres de philosophie, de litt\u00e9rature et de politique, lisant des penseurs allant de Shakespeare, Rousseau et Kant \u00e0 Tolsto\u00ef, Emerson et Jos\u00e9 Mart\u00ed.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s quatre ans d&rsquo;immersion dans la culture technique et le d\u00e9bat intellectuel am\u00e9ricains, il rentra au Costa Rica en mars 1928. Il travailla d&rsquo;abord quelques mois comme agent commercial d&rsquo;automobiles Ford, mais s&rsquo;associa rapidement \u00e0 son ami Francisco Orlich pour acqu\u00e9rir des propri\u00e9t\u00e9s agricoles. En 1929, il franchit un pas qui d\u00e9finirait sa vie adulte : il acheta une ferme \u00e0 San Marcos de Tarraz\u00fa (San Crist\u00f3bal de Desamparados) qu&rsquo;il baptisa du nom \u00e9loquent de \u00ab La Lucha sin Fin \u00bb (La Lutte sans Fin). Pendant douze ans, \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart de la politique traditionnelle, il se consacra \u00e0 l&rsquo;agriculture et \u00e0 des projets industriels, en se concentrant sur la production de sacs et de cordes en chanvre (cabuya), la culture du caf\u00e9 et, plus tard, la fabrication d&rsquo;articles en bois.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est \u00e0 \u00ab La Lucha \u00bb que Figueres combina son pragmatisme d&rsquo;ing\u00e9nieur avec ses id\u00e9aux sociaux. Il mit en \u0153uvre sur sa propri\u00e9t\u00e9 un mod\u00e8le d&rsquo;organisation sociale et productive extr\u00eamement innovant pour le Costa Rica de l&rsquo;\u00e9poque, partageant les b\u00e9n\u00e9fices avec ses travailleurs en leur fournissant logement, \u00e9coles et services de sant\u00e9. Cette exp\u00e9rience, que certains d\u00e9crivirent comme un mod\u00e8le \u00ab quasi socialiste \u00bb ou de \u00ab socialisme utopique \u00bb, lui permit de mat\u00e9rialiser sa vision selon laquelle le progr\u00e8s \u00e9conomique devait aller de pair avec l&rsquo;\u00e9quit\u00e9. Durant ces ann\u00e9es, l&rsquo;agriculteur et entrepreneur commen\u00e7a \u00e0 publier des articles sur des th\u00e8mes agricoles et de r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration nationale, se r\u00e9unissant fr\u00e9quemment avec Orlich et Mart\u00e9n pour d\u00e9battre des probl\u00e8mes du pays, posant ainsi les bases du leader politique qui \u00e9tait sur le point d&rsquo;\u00e9clore.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" width=\"640\" height=\"436\" src=\"https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Famila_Figueres.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12089\" style=\"width:420px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Famila_Figueres.jpg 640w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Famila_Figueres-300x204.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">3. Premiers pas et premier r\u00f4le important : Le discours de 1942 et l&rsquo;exil transformateur<\/h3>\n\n\n\n<p>L&rsquo;\u00e9tincelle qui transforma d\u00e9finitivement l&rsquo;agriculteur en figure politique d&rsquo;envergure nationale s&rsquo;alluma avec l&rsquo;arriv\u00e9e des contrecoups de la Seconde Guerre mondiale sur le territoire costaricien. Le 2 juillet 1942, le navire \u00ab San Pablo \u00bb de la United Fruit Company fut torpill\u00e9 et coul\u00e9 \u00e0 Puerto Lim\u00f3n, vraisemblablement par un sous-marin allemand, co\u00fbtant la vie \u00e0 24 travailleurs. Cet \u00e9v\u00e9nement d\u00e9clencha une hyst\u00e9rie collective et, deux jours plus tard, une manifestation \u00e0 San Jos\u00e9 d\u00e9g\u00e9n\u00e9ra en violentes \u00e9meutes au cours desquelles la foule pilla des commerces de citoyens allemands, italiens et espagnols, affectant m\u00eame un entrep\u00f4t de la \u00ab Sociedad Agr\u00edcola Industrial San Crist\u00f3bal \u00bb, propri\u00e9t\u00e9 de Figueres et de Francisco Orlich. Face \u00e0 l&rsquo;inaction des autorit\u00e9s, qui permirent ces destructions sous pr\u00e9texte de ferveur patriotique, Figueres fut saisi d&rsquo;indignation civique et d\u00e9cida d&rsquo;agir.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 8 juillet 1942, Figueres loua un cr\u00e9neau sur la station \u00ab Radio Am\u00e9rica Latina \u00bb pour prononcer un discours qui allait changer sa vie. Dans son allocution, il accusa durement le gouvernement de Rafael \u00c1ngel Calder\u00f3n Guardia d&rsquo;incomp\u00e9tence, de ne pas maintenir l&rsquo;ordre public, de dilapider les fonds de l&rsquo;\u00c9tat et de corruption. Le message fut si percutant que les autorit\u00e9s ne lui permirent pas de terminer ; en pleine transmission, le Directeur g\u00e9n\u00e9ral de la Police interrompit le discours, prit le contr\u00f4le de la station de radio et arr\u00eata Figueres, faisant de lui le premier prisonnier politique du pays depuis la dictature des Tinoco. Les sph\u00e8res officielles tent\u00e8rent de minimiser son importance, et le Secr\u00e9taire de l&rsquo;Int\u00e9rieur de l&rsquo;\u00e9poque justifia la censure en arguant qu&rsquo;ils ne laisseraient pas un \u00ab pauvre diable \u00bb ou un \u00ab inconnu \u00bb ternir le nom de la R\u00e9publique.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;arrestation d\u00e9clencha une anecdote historique r\u00e9v\u00e9latrice : le gouvernement, sous pression des \u00c9tats-Unis, cherchait \u00e0 envoyer Figueres dans un camp de concentration am\u00e9ricain sous la fausse accusation d&rsquo;\u00eatre un sympathisant nazi. Ironie de l&rsquo;histoire, c&rsquo;est le leader communiste Manuel Mora Valverde, alors alli\u00e9 du gouvernement, qui intervint \u00e9nergiquement pour \u00e9viter cet exil, arguant que Figueres avait \u00e9t\u00e9 un d\u00e9fenseur reconnu de la R\u00e9publique espagnole et que l&rsquo;accusation \u00e9tait une infamie. \u00c0 la suite de cette intervention, le 11 juillet 1942, Figueres fut embarqu\u00e9 dans un avion et exil\u00e9 au Salvador, se d\u00e9pla\u00e7ant ensuite au Guatemala, avant de s&rsquo;\u00e9tablir finalement \u00e0 Mexico.<\/p>\n\n\n\n<p>Loin de le r\u00e9duire au silence, l&rsquo;exil fut le creuset dans lequel sa pens\u00e9e politique et sa strat\u00e9gie r\u00e9volutionnaire m\u00fbrirent. Au Mexique, tout en gagnant sa vie en construisant des chemin\u00e9es, il suivit des cours \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 nationale autonome du Mexique (UNAM) et observa de pr\u00e8s les r\u00e9sultats de la R\u00e9volution mexicaine. Fruit de cet exil fut la publication en 1943 de son essai Palabras gastadas (Mots us\u00e9s), un document fondamental dans lequel il esquissa son id\u00e9ologie r\u00e9formiste et ce qu&rsquo;il appela lui-m\u00eame un \u00ab socialisme utopique \u00bb. Dans cet ouvrage, Figueres plasmait sa vision d&rsquo;une d\u00e9mocratie dans laquelle l&rsquo;\u00c9tat doit garantir le bien-\u00eatre social sans an\u00e9antir la libert\u00e9 individuelle ni la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e, prenant ses distances aussi bien vis-\u00e0-vis du capitalisme sans r\u00e9gulation que du communisme.<\/p>\n\n\n\n<p>Parall\u00e8lement \u00e0 sa formation intellectuelle, Figueres commen\u00e7a \u00e0 \u00e9tudier la logistique militaire et \u00e0 nouer des alliances tactiques avec d&rsquo;autres exil\u00e9s latino-am\u00e9ricains. En juillet 1943, il rencontra l&rsquo;opposant nicaraguayen Rosendo Arg\u00fcello et ils convinrent de la cr\u00e9ation d&rsquo;une force arm\u00e9e internationale pour renverser les dictateurs de la r\u00e9gion, comme Anastasio Somoza au Nicaragua, Tiburcio Car\u00edas au Honduras et Rafael Le\u00f3nidas Trujillo en R\u00e9publique dominicaine. Ce projet, qui des ann\u00e9es plus tard se cristalliserait au Guatemala sous le nom de \u00ab Pacte des Cara\u00efbes \u00bb et donnerait naissance \u00e0 la c\u00e9l\u00e8bre \u00ab L\u00e9gion des Cara\u00efbes \u00bb, \u00e9tablit que la croisade d\u00e9mocratisatrice devait d\u00e9buter au Costa Rica. Lorsque Figueres rentra finalement dans son pays en mai 1944, prot\u00e9g\u00e9 par une amnistie du nouveau pr\u00e9sident Teodoro Picado, il n&rsquo;\u00e9tait plus seulement un agriculteur indign\u00e9, mais le leader d&rsquo;un projet r\u00e9volutionnaire en marche.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">4. Moments cl\u00e9s de sa vie publique : La Guerre de 48 et la naissance de la Deuxi\u00e8me R\u00e9publique<\/h3>\n\n\n\n<p>L&rsquo;effervescence politique de la d\u00e9cennie 1940 atteignit son point d&rsquo;\u00e9bullition lors des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles du 8 f\u00e9vrier 1948, qui oppos\u00e8rent le candidat de l&rsquo;opposition Otilio Ulate Blanco au candidat officiel Rafael \u00c1ngel Calder\u00f3n Guardia. Bien que les premiers r\u00e9sultats donnassent Ulate vainqueur, un myst\u00e9rieux incendie qui d\u00e9truisit une grande partie des bulletins \u00e9lectoraux servit de pr\u00e9texte au Congr\u00e8s, \u00e0 majorit\u00e9 calderoniste, pour annuler les \u00e9lections pr\u00e9sidentielles le 1er mars 1948. Face \u00e0 cette d\u00e9cision, per\u00e7ue comme une rupture de l&rsquo;ordre d\u00e9mocratique, Jos\u00e9 Figueres Ferrer passa des paroles aux actes : le 12 mars, il se souleva dans sa ferme \u00ab La Lucha \u00bb, \u00e0 la t\u00eate de l&rsquo;Arm\u00e9e de Lib\u00e9ration nationale (Ej\u00e9rcito de Liberaci\u00f3n Nacional \u2014 ELN) nouvellement form\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Cet embrasement d\u00e9clencha une guerre civile sanglante de cinq semaines, consid\u00e9r\u00e9e comme l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement le plus meurtrier de l&rsquo;histoire costaricienne du XXe si\u00e8cle, avec un bilan estim\u00e9 \u00e0 plus de 2 000 morts. Les forces insurg\u00e9es, arm\u00e9es gr\u00e2ce \u00e0 des armes venues du Guatemala et b\u00e9n\u00e9ficiant du soutien international de la \u00ab L\u00e9gion des Cara\u00efbes \u00bb, s&#8217;empar\u00e8rent rapidement de positions strat\u00e9giques comme San Isidro del General, Cartago et Puerto Lim\u00f3n. L&rsquo;arm\u00e9e de Figueres aux portes de la capitale, il devint imp\u00e9ratif d&rsquo;\u00e9viter un bain de sang \u00e0 San Jos\u00e9. Dans une man\u0153uvre diplomatique et tactique cruciale, Figueres rencontra le leader communiste Manuel Mora Valverde, dont les milices soutenaient la d\u00e9fense du gouvernement, \u00e0 l&rsquo;Alto de Ochomogo. Dans l&rsquo;historique \u00ab Pacte d&rsquo;Ochomogo \u00bb, Figueres garantit que les garanties sociales et le Code du travail obtenus sous l&rsquo;administration Calder\u00f3n seraient non seulement respect\u00e9s mais am\u00e9lior\u00e9s, ce qui favorisa la reddition des forces communistes. Les hostilit\u00e9s prirent fin officiellement le 19 avril 1948 avec le Pacte de l&rsquo;Ambassade du Mexique, qui stipula le d\u00e9part du pr\u00e9sident Teodoro Picado.<\/p>\n\n\n\n<p>La victoire militaire assur\u00e9e, Figueres ne remit pas imm\u00e9diatement le pouvoir \u00e0 Otilio Ulate. Les deux hommes sign\u00e8rent le 1er mai le \u00ab Pacte Ulate-Figueres \u00bb, par lequel il fut convenu qu&rsquo;une Junte r\u00e9volutionnaire gouvernerait le pays sans Congr\u00e8s pendant une p\u00e9riode de dix-huit mois pour r\u00e9former l&rsquo;\u00c9tat, apr\u00e8s quoi Ulate assumerait la pr\u00e9sidence. Le 8 mai 1948 fut install\u00e9e la Junte Fondatrice de la Deuxi\u00e8me R\u00e9publique, un gouvernement de fait pr\u00e9sid\u00e9 par Figueres qui assuma les pouvoirs Ex\u00e9cutif et L\u00e9gislatif, suspendit la Constitution de 1871 (\u00e0 l&rsquo;exception des droits individuels et sociaux) et s&rsquo;attacha \u00e0 transformer radicalement le pays.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;acte le plus transcendant et au retentissement mondial le plus fort de cette p\u00e9riode eut lieu le 1er d\u00e9cembre 1948. Lors d&rsquo;une c\u00e9r\u00e9monie au Quartier Bellavista, Figueres frappa un mur de la tour avec un maillet et d\u00e9clara officiellement abolie l&rsquo;arm\u00e9e du Costa Rica. Il remit les cl\u00e9s du quartier pour qu&rsquo;il soit transform\u00e9 en Mus\u00e9e national et justifia que pour la s\u00e9curit\u00e9 du pays, un corps de police suffisait. Cette d\u00e9cision, pionni\u00e8re dans le monde, combina l&rsquo;id\u00e9alisme civiste avec une vision pragmatique de l&rsquo;\u00c9tat : elle \u00e9liminait le danger de futurs coups d&rsquo;\u00c9tat militaires et permettait de r\u00e9orienter le budget militaire vers l&rsquo;\u00e9ducation, la sant\u00e9 et les infrastructures. Le mandat acquit valeur constitutionnelle peu apr\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p>Durant ses 18 mois de gouvernement, la Junte mit en \u0153uvre une architecture institutionnelle ambitieuse et controvers\u00e9e. Se distingu\u00e8rent notamment la nationalisation de la banque priv\u00e9e (d\u00e9cembre 1948) pour orienter le cr\u00e9dit vers le d\u00e9veloppement et combattre l&rsquo;oligarchie traditionnelle, ainsi que la cr\u00e9ation de l&rsquo;Institut costaricien de l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 (ICE) en avril 1949, qui r\u00e9soudrait la crise \u00e9nerg\u00e9tique et moderniserait le pays. Par ailleurs, une Assembl\u00e9e nationale constituante fut convoqu\u00e9e, dotant le pays de la nouvelle Constitution politique de 1949. Fid\u00e8le au pacte \u00e9tabli, le 8 novembre 1949, Figueres remit le pouvoir \u00e0 Otilio Ulate, cl\u00f4turant le gouvernement de transition mais laissant irr\u00e9vocablement pos\u00e9es les bases de l&rsquo;\u00c9tat-providence moderne.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-gallery has-nested-images columns-2 is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" width=\"500\" height=\"314\" data-id=\"12087\" src=\"https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/9a9c1068-42f0-4791-aa36-e4aa360362b1.webp\" alt=\"\" class=\"wp-image-12087\" srcset=\"https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/9a9c1068-42f0-4791-aa36-e4aa360362b1.webp 500w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/9a9c1068-42f0-4791-aa36-e4aa360362b1-300x188.webp 300w\" sizes=\"(max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" data-id=\"12085\" src=\"https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Pepe_2-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12085\" srcset=\"https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Pepe_2-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Pepe_2-300x200.jpg 300w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Pepe_2-768x512.jpg 768w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Pepe_2-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Pepe_2-2048x1365.jpg 2048w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Pepe_2-1320x880.jpg 1320w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"639\" data-id=\"12090\" src=\"https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/abolicion03.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12090\" srcset=\"https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/abolicion03.jpg 800w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/abolicion03-300x240.jpg 300w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/abolicion03-768x613.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"430\" height=\"345\" data-id=\"12091\" src=\"https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/interior-del-cuartel-Bellavista-donde-se-observar.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12091\" srcset=\"https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/interior-del-cuartel-Bellavista-donde-se-observar.jpg 430w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/interior-del-cuartel-Bellavista-donde-se-observar-300x241.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 430px) 100vw, 430px\" \/><\/figure>\n<\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">5. Conflits, d\u00e9cisions et d\u00e9fis : Lumi\u00e8res et ombres : R\u00e9pression, invasions et controverses<\/h3>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 les accords de paix conclus \u00e0 la fin de la guerre civile, le d\u00e9but de la Deuxi\u00e8me R\u00e9publique fut marqu\u00e9 par une profonde polarisation et par la pers\u00e9cution des factions vaincues. Bien que dans le Pacte d&rsquo;Ochomogo Figueres se f\u00fbt engag\u00e9 aupr\u00e8s du leader communiste Manuel Mora \u00e0 respecter la vie et les droits de ses adversaires, la Junte gouvernementale agit avec s\u00e9v\u00e9rit\u00e9. Par le D\u00e9cret-loi n\u00b0 105, le Parti Vanguardia Popular et la Conf\u00e9d\u00e9ration des Travailleurs du Costa Rica furent mis hors la loi, d\u00e9clenchant une vague de licenciements dans le secteur public, d&#8217;emprisonnements et d&rsquo;exils forc\u00e9s, comme ceux de Manuel Mora et de l&rsquo;illustre \u00e9crivaine Carmen Lyra.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;\u00e9pisode le plus sombre de cette r\u00e9pression survint le 19 d\u00e9cembre 1948, dans ce que l&rsquo;on appelle les assassinats du \u00ab Codo del Diablo \u00bb. Six prisonniers politiques li\u00e9s \u00e0 Vanguardia Popular (Federico Picado, Tob\u00edas Vaglio, Lucio Ibarra, Octavio S\u00e1enz, Narciso Sotomayor et \u00c1lvaro Aguilar) furent sortis de la commanderie de Lim\u00f3n et assassin\u00e9s extrajudiciairement au bord de la rivi\u00e8re Reventaz\u00f3n par des autorit\u00e9s polici\u00e8res favorables au nouveau gouvernement, un crime qui entacha la l\u00e9gitimit\u00e9 de la transition pacifique et dont les auteurs mat\u00e9riels r\u00e9ussirent \u00e0 \u00e9chapper \u00e0 la justice en fuyant \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le front int\u00e9rieur, les audacieuses r\u00e9formes \u00e9conomiques de Figueres lui valurent \u00e9galement des ennemis dans ses propres rangs. La d\u00e9cision de nationaliser la banque priv\u00e9e et d&rsquo;appliquer un imp\u00f4t de 10 % sur le capital provoqua le m\u00e9contentement des secteurs \u00e9conomiquement puissants. Cette tension \u00e9clata le 3 avril 1949 dans le \u00ab Cardonazo \u00bb, une tentative de coup d&rsquo;\u00c9tat men\u00e9e par son propre Ministre de la S\u00e9curit\u00e9 publique, Edgar Cardona Quir\u00f3s. Les rebelles s&#8217;empar\u00e8rent du Quartier Bellavista et de celui de l&rsquo;Artillerie, exigeant le retour en arri\u00e8re sur les mesures \u00e9conomiques, mais Figueres, d\u00e9montrant sa ferme autorit\u00e9, parvint \u00e0 r\u00e9primer rapidement le soul\u00e8vement.<\/p>\n\n\n\n<p>Durant sa premi\u00e8re pr\u00e9sidence constitutionnelle, Figueres dut faire face \u00e0 des menaces contre la souverainet\u00e9 nationale. En janvier 1955, des forces calderonistes soutenues par le dictateur nicaraguayen Anastasio Somoza, et avec l&rsquo;appui d&rsquo;autres dictateurs comme P\u00e9rez Jim\u00e9nez du Venezuela et Trujillo de la R\u00e9publique dominicaine, envahirent le Costa Rica. Sans arm\u00e9e permanente, Figueres eut recours avec succ\u00e8s aux milices civiles et, surtout, \u00e0 la diplomatie internationale. Il invoqua le Trait\u00e9 interam\u00e9ricain d&rsquo;assistance r\u00e9ciproque (TIAR) devant l&rsquo;Organisation des \u00c9tats am\u00e9ricains (OEA), r\u00e9ussissant \u00e0 repousser l&rsquo;invasion et d\u00e9montrant qu&rsquo;un pays d\u00e9sarm\u00e9 pouvait se d\u00e9fendre efficacement sous la protection du droit international.<\/p>\n\n\n\n<p>En politique \u00e9trang\u00e8re, Figueres fut une figure complexe et parfois contradictoire. Durant la Guerre froide, il se positionna comme un alli\u00e9 anticommuniste des \u00c9tats-Unis, mais n&rsquo;h\u00e9sita pas \u00e0 critiquer l&rsquo;imp\u00e9rialisme am\u00e9ricain lorsque celui-ci soutenait des dictatures militaires dans la r\u00e9gion (qu&rsquo;il appelait l&rsquo; \u00ab Internationale des \u00c9p\u00e9es \u00bb). Paradoxalement, durant son troisi\u00e8me mandat (1970-1974), il rompit avec les paradigmes de l&rsquo;\u00e9poque en promouvant l&rsquo;\u00ab universalisation \u00bb des relations internationales, \u00e9tablissant des liens diplomatiques et commerciaux avec l&rsquo;Union sovi\u00e9tique et d&rsquo;autres pays d&rsquo;Europe de l&rsquo;Est, dans une approche pragmatique visant \u00e0 ouvrir de nouveaux march\u00e9s aux produits costariciens.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, les derni\u00e8res ann\u00e9es de sa vie publique furent terni\u00e9es par des controverses \u00e9thiques qui min\u00e8rent son image de r\u00e9formateur irr\u00e9prochable. Le scandale le plus grave fut sa relation avec le financier am\u00e9ricain Robert Vesco, qui arriva au Costa Rica en 1972 en fuyant la justice de son pays pour une fraude de 224 millions de dollars. Figueres lui accorda refuge et d\u00e9fendit sa pr\u00e9sence en arguant que le pays avait besoin de ses investissements colossaux, ce qui d\u00e9clencha de vives critiques et des enqu\u00eates. C&rsquo;est \u00e0 cette p\u00e9riode qu&rsquo;appartient la fameuse anecdote des \u00ab confites \u00bb : apr\u00e8s avoir re\u00e7u un don douteux de 60 000 dollars pour l&rsquo;Orchestre symphonique des jeunes, provenant d&rsquo;une banque li\u00e9e \u00e0 Vesco, Figueres r\u00e9pondit \u00e0 la presse avec sarcasme en d\u00e9clarant : \u00ab Dites que j&rsquo;ai d\u00e9pens\u00e9 les 60 000 dollars en bonbons. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">6. R\u00e9alisations et h\u00e9ritage : L&rsquo;architecte de la modernit\u00e9 institutionnelle<\/h3>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir remis pacifiquement le pouvoir \u00e0 Otilio Ulate en 1949, Figueres ne se retira pas de la vie publique, mais se concentra \u00e0 donner une structure politique durable \u00e0 ses id\u00e9aux r\u00e9formistes. Le 12 octobre 1951, lors d&rsquo;une r\u00e9union tenue dans sa ville natale de San Ram\u00f3n, il fonda le Parti Lib\u00e9ration nationale (Partido Liberaci\u00f3n Nacional \u2014 PLN) aux c\u00f4t\u00e9s de personnalit\u00e9s cl\u00e9s comme Francisco Orlich, Daniel Oduber et Luis Alberto Monge. Con\u00e7u comme une \u00e9cole id\u00e9ologique permanente et non comme un simple v\u00e9hicule \u00e9lectoral, le PLN s&rsquo;\u00e9rigea en moteur de la social-d\u00e9mocratie au Costa Rica. Port\u00e9 par cette nouvelle machine politique, Figueres consolida son leadership en remportant les \u00e9lections de fa\u00e7on nette et en exer\u00e7ant deux pr\u00e9sidences constitutionnelles par le vote populaire : de 1953 \u00e0 1958 et de 1970 \u00e0 1974.<\/p>\n\n\n\n<p>Durant ses mandats, \u00ab Don Pepe \u00bb devint le principal architecte de l&rsquo;\u00c9tat-providence costaricien. Sa vision pragmatique le conduisit \u00e0 cr\u00e9er un vaste r\u00e9seau d&rsquo;institutions autonomes destin\u00e9es \u00e0 intervenir dans l&rsquo;\u00e9conomie et \u00e0 garantir la mobilit\u00e9 sociale. \u00c0 la nationalisation bancaire et \u00e0 la cr\u00e9ation de l&rsquo;Institut costaricien de l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 (ICE) accomplies durant son gouvernement de fait, il ajouta des fondations transcendantales lors de ses p\u00e9riodes constitutionnelles. En 1954, il cr\u00e9a l&rsquo;Institut national du logement et de l&rsquo;urbanisme (INVU) pour faciliter l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 un toit d\u00e9cent, et en 1955, l&rsquo;Institut costaricien du tourisme (ICT). Par la suite, dans la d\u00e9cennie 1970, il consolida le tissu social avec la cr\u00e9ation de l&rsquo;Institut mixte d&rsquo;aide sociale (IMAS) et du Minist\u00e8re de la Culture, de la Jeunesse et des Sports (1971), fid\u00e8le \u00e0 sa conviction que le progr\u00e8s \u00e9conomique n&rsquo;avait aucun sens sans enrichissement spirituel, r\u00e9sum\u00e9e dans sa c\u00e9l\u00e8bre formule : \u00ab \u00c0 quoi sert un pays d\u00e9velopp\u00e9, s&rsquo;il est vulgaire ? \u00bb<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-gallery has-nested-images columns-4 is-cropped wp-block-gallery-2 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"900\" height=\"900\" data-id=\"12092\" src=\"https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/ICT.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12092\" srcset=\"https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/ICT.jpg 900w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/ICT-300x300.jpg 300w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/ICT-150x150.jpg 150w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/ICT-768x768.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 900px) 100vw, 900px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"700\" height=\"500\" data-id=\"12093\" src=\"https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/61-invu-instituto-nacional-de-vivienda-y-urbanismo.webp\" alt=\"\" class=\"wp-image-12093\" srcset=\"https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/61-invu-instituto-nacional-de-vivienda-y-urbanismo.webp 700w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/61-invu-instituto-nacional-de-vivienda-y-urbanismo-300x214.webp 300w\" sizes=\"(max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" data-id=\"12094\" src=\"https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Instituto-Costarricense-de-Electricidad-ICE-2015-LMM-4-scaled-1-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12094\" srcset=\"https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Instituto-Costarricense-de-Electricidad-ICE-2015-LMM-4-scaled-1-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Instituto-Costarricense-de-Electricidad-ICE-2015-LMM-4-scaled-1-300x225.jpg 300w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Instituto-Costarricense-de-Electricidad-ICE-2015-LMM-4-scaled-1-768x576.jpg 768w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Instituto-Costarricense-de-Electricidad-ICE-2015-LMM-4-scaled-1-1536x1152.jpg 1536w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Instituto-Costarricense-de-Electricidad-ICE-2015-LMM-4-scaled-1-2048x1536.jpg 2048w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Instituto-Costarricense-de-Electricidad-ICE-2015-LMM-4-scaled-1-1320x990.jpg 1320w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"680\" data-id=\"12095\" src=\"https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Asamblea_Leg_CR_2-1024x680.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12095\" srcset=\"https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Asamblea_Leg_CR_2-1024x680.jpg 1024w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Asamblea_Leg_CR_2-300x199.jpg 300w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Asamblea_Leg_CR_2-768x510.jpg 768w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Asamblea_Leg_CR_2-1536x1020.jpg 1536w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Asamblea_Leg_CR_2-2048x1360.jpg 2048w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Asamblea_Leg_CR_2-1320x877.jpg 1320w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<\/figure>\n\n\n\n<p>En accord avec sa maxime de substituer l&rsquo;arm\u00e9e militaire par une \u00ab arm\u00e9e d&rsquo;\u00e9ducateurs \u00bb, Figueres favorisa un investissement massif dans l&rsquo;enseignement. Une \u00e9tape incontestable de son h\u00e9ritage fut l&rsquo;expansion et la d\u00e9centralisation de l&rsquo;enseignement sup\u00e9rieur public durant son troisi\u00e8me mandat. Dans l&rsquo;effort de doter le pays des professionnels et techniciens n\u00e9cessaires \u00e0 l&rsquo;industrialisation et au d\u00e9veloppement moderne, il d\u00e9cr\u00e9ta la cr\u00e9ation de l&rsquo;Institut technologique du Costa Rica (ITCR) en 1971 et la fondation de l&rsquo;Universit\u00e9 nationale (UNA) en 1973.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-3 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"684\" data-id=\"12096\" src=\"https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/TECCCC-1024x684.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12096\" srcset=\"https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/TECCCC-1024x684.jpg 1024w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/TECCCC-300x200.jpg 300w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/TECCCC-768x513.jpg 768w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/TECCCC.jpg 1200w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"575\" data-id=\"12097\" src=\"https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Universidad_Nacional_Sede_Regional_Chorotega_Campus_Liberia_-_panoramio-1024x575.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12097\" srcset=\"https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Universidad_Nacional_Sede_Regional_Chorotega_Campus_Liberia_-_panoramio-1024x575.jpg 1024w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Universidad_Nacional_Sede_Regional_Chorotega_Campus_Liberia_-_panoramio-300x169.jpg 300w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Universidad_Nacional_Sede_Regional_Chorotega_Campus_Liberia_-_panoramio-768x431.jpg 768w, https:\/\/peopleofcostarica.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Universidad_Nacional_Sede_Regional_Chorotega_Campus_Liberia_-_panoramio.jpg 1280w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<\/figure>\n\n\n\n<p>La modernisation impuls\u00e9e par Figueres transforma \u00e9galement en profondeur le panorama des droits civils et de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 citoyenne. Les \u00e9lections de 1953, qui le port\u00e8rent \u00e0 sa premi\u00e8re pr\u00e9sidence constitutionnelle, marqu\u00e8rent un tournant historique, \u00e9tant les premiers scrutins nationaux o\u00f9 les femmes, dont le suffrage avait \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9 sous son gouvernement de transition en 1949, purent exercer leur droit de vote. De plus, Figueres tint sa promesse d&rsquo;\u00e9radiquer la s\u00e9gr\u00e9gation raciale en vigueur dans le pays, levant les restrictions de mobilit\u00e9 qui emp\u00eachaient les citoyens d&rsquo;ascendance africaine et asiatique de quitter les provinces c\u00f4ti\u00e8res et d&rsquo;entrer dans la Vall\u00e9e centrale, leur octroyant la pleine citoyennet\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Des d\u00e9cennies plus tard, r\u00e9affirmant son engagement envers les droits civils, il promulgua le Code de la famille en 1973, une l\u00e9gislation r\u00e9volutionnaire pour l&rsquo;\u00e9poque qui \u00e9tablissait l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 juridique entre les \u00e9poux. \u00c0 travers ces mesures, Figueres ne se contenta pas de transformer l&rsquo;infrastructure mat\u00e9rielle et institutionnelle du Costa Rica, mais red\u00e9finit son tissu humain et d\u00e9mocratique.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">7. Impact sur le Costa Rica et projection actuelle : Le dividende de la paix et le mythe de \u00ab Don Pepe \u00bb<\/h3>\n\n\n\n<p>La port\u00e9e historique de Jos\u00e9 Figueres Ferrer ne peut se mesurer uniquement \u00e0 l&rsquo;aune des \u00e9v\u00e9nements guerriers ou de ses mandats pr\u00e9sidentiels, mais par l&rsquo;impact structurel profond que ses d\u00e9cisions laiss\u00e8rent sur le Costa Rica contemporain. La d\u00e9cision d&rsquo;abolir l&rsquo;arm\u00e9e le 1er d\u00e9cembre 1948 g\u00e9n\u00e9ra ce que les \u00e9conomistes appellent un \u00ab dividende de la paix \u00bb, alt\u00e9rant irr\u00e9versiblement la trajectoire de d\u00e9veloppement du pays. Des recherches r\u00e9centes d\u00e9montrent qu&rsquo;avant l&rsquo;abolition (1920-1949), le Produit int\u00e9rieur brut (PIB) par habitant costaricien croissait \u00e0 un taux moyen de 1,31 % par an ; apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9limination des forces arm\u00e9es, ce taux doubla presque, atteignant une moyenne de 2,44 % entre 1951 et 2010.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce saut \u00e9conomique fut rendu possible gr\u00e2ce \u00e0 une r\u00e9orientation radicale des ressources de l&rsquo;\u00c9tat. Le budget historiquement consacr\u00e9 \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 publique, qui avoisinait les 10 % dans la d\u00e9cennie 1940, fut redirig\u00e9 vers l&rsquo;investissement social et les infrastructures. En cons\u00e9quence, l&rsquo;investissement public dans l&rsquo;\u00e9ducation, qui s&rsquo;\u00e9tablissait en moyenne \u00e0 15 % avant 1949, monta r\u00e9guli\u00e8rement jusqu&rsquo;\u00e0 atteindre pr\u00e8s de 35 % des d\u00e9penses gouvernementales totales en 1969. L&rsquo;impact sur la sant\u00e9 fut tout aussi spectaculaire : la couverture de la s\u00e9curit\u00e9 sociale passa de 21 % de la population \u00e9conomiquement active prot\u00e9g\u00e9e en 1949, \u00e0 66 % en 1978.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur la sc\u00e8ne internationale, la suppression de l&rsquo;arm\u00e9e reconfigura enti\u00e8rement l&rsquo;identit\u00e9 du Costa Rica, lui conf\u00e9rant une projection civiste et pacifiste in\u00e9dite dans le monde. Tandis que durant la Guerre froide le reste de l&rsquo;Am\u00e9rique latine subissait des dizaines de coups d&rsquo;\u00c9tat et de dictatures militaires, le Costa Rica r\u00e9ussit \u00e0 consolider l&rsquo;une des d\u00e9mocraties les plus stables et les plus solides du continent, r\u00e9glant ses diff\u00e9rends politiques dans les urnes et non par les armes. Cette r\u00e9putation de nation pacifique attira les investissements, favorisa le tourisme \u00e9cologique et fit que le pays fut choisi comme si\u00e8ge d&rsquo;organismes de prestige mondial, tels que la Cour interam\u00e9ricaine des droits de l&rsquo;homme et l&rsquo;Universit\u00e9 pour la Paix des Nations Unies.<\/p>\n\n\n\n<p>Jos\u00e9 Figueres Ferrer d\u00e9c\u00e9da \u00e0 San Jos\u00e9 le 8 juin 1990, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 83 ans, laissant un h\u00e9ritage imp\u00e9rissable. Son immense influence dans la construction de l&rsquo;\u00c9tat moderne lui valut une reconnaissance officielle presque imm\u00e9diate ; le 12 novembre de la m\u00eame ann\u00e9e, l&rsquo;Assembl\u00e9e l\u00e9gislative le d\u00e9clara Bienfaiteur de la Patrie (Benem\u00e9rito de la Patria). Des d\u00e9cennies plus tard, r\u00e9affirmant l&rsquo;ampleur mondiale de sa vision d\u00e9militarisatrice, le parlement costaricien le d\u00e9cora du titre de H\u00e9ros de la Paix en 2021.<\/p>\n\n\n\n<p>Le bilan final de \u00ab Don Pepe \u00bb r\u00e9v\u00e8le un leader pragmatique, audacieux et profond\u00e9ment complexe. Il fut un homme d&rsquo;\u00c9tat aux apparentes contradictions : un fervent anticommuniste qui mit en \u0153uvre de profondes r\u00e9formes socialistes, un alli\u00e9 des \u00c9tats-Unis qui critiquait durement leur imp\u00e9rialisme, et un caudillo militaire qui, apr\u00e8s avoir remport\u00e9 une guerre, d\u00e9cida de d\u00e9truire sa propre arm\u00e9e et de remettre le pouvoir \u00e0 un gouvernement civil. Bien que sa figure n&rsquo;\u00e9chappe pas aux ombres de l&rsquo;histoire, marqu\u00e9es par la r\u00e9pression politique de l&rsquo;apr\u00e8s-guerre, les assassinats non \u00e9lucid\u00e9s du \u00ab Codo del Diablo \u00bb et des liens controvers\u00e9s dans sa vieillesse comme l&rsquo;\u00ab Affaire Vesco \u00bb, il est ind\u00e9niable que Figueres fut l&rsquo;architecte ma\u00eetre de la Deuxi\u00e8me R\u00e9publique. Sa vision substitua les fusils par des livres et les tranch\u00e9es par des institutions, posant les bases du paradigme de paix, d&rsquo;\u00e9quit\u00e9 et de d\u00e9veloppement humain qui d\u00e9finit aujourd&rsquo;hui le Costa Rica aux yeux du monde.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p>Pour l&rsquo;\u00e9laboration de la biographie de Jos\u00e9 Figueres Ferrer (\u00ab Don Pepe \u00bb), des informations ont \u00e9t\u00e9 consult\u00e9es et synth\u00e9tis\u00e9es \u00e0 partir de la liste suivante de sources et r\u00e9f\u00e9rences documentaires, historiques et acad\u00e9miques fournies dans votre cahier :<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Profils biographiques et encyclop\u00e9dies<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Wikip\u00e9dia, l&rsquo;encyclop\u00e9die libre : Articles sur Jos\u00e9 Figueres Ferrer, d\u00e9taillant sa vie, son exil, son \u0153uvre politique, ses mariages, ses r\u00e9alisations institutionnelles et ses d\u00e9clarations de Bienfaiteur de la Patrie et de H\u00e9ros de la Paix. Enciclop\u00e9dia Latinoamericana : Article Figueres Ferrer, Jos\u00e9, qui apporta des d\u00e9tails sur ses racines catalanes, ses \u00e9tudes au MIT, la fondation de \u00ab La Lucha sin Fin \u00bb et sa vision d&rsquo;\u00e9conomie mixte et de social-d\u00e9mocratie. Mus\u00e9e national du Costa Rica : Galerie des anciens pr\u00e9sidents : Jos\u00e9 Figueres Ferrer, qui met en lumi\u00e8re son r\u00f4le de grand r\u00e9formateur institutionnel et cr\u00e9ateur d&rsquo;entit\u00e9s comme l&rsquo;INVU, l&rsquo;IMAS, l&rsquo;UNA et le mus\u00e9e lui-m\u00eame au Quartier Bellavista. Partido Liberaci\u00f3n Nacional (PLN) : Profil officiel de Jos\u00e9 Figueres, utilis\u00e9 pour lister ses principales r\u00e9alisations durant ses administrations et la fondation du parti. Municipalit\u00e9 de Desamparados et Municipalit\u00e9 de Heredia : Notices biographiques sur Jos\u00e9 Mar\u00eda Hip\u00f3lito Figueres Ferrer r\u00e9sumant sa vie, sa carri\u00e8re pr\u00e9coce et son impact national.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Articles acad\u00e9miques, rapports et essais historiques<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>The Political Architecture of the Second Republic: A Comprehensive Analysis of Jos\u00e9 Figueres Ferrer and the Institutional Modernization of Costa Rica : Un document cl\u00e9 qui analyse en profondeur sa pens\u00e9e (socialisme utopique), la nationalisation bancaire, les effets longitudinaux de l&rsquo;abolition de l&rsquo;arm\u00e9e et le scandale de Robert Vesco. Una lectura cr\u00edtica de don Jos\u00e9 Figueres Ferrer (Revista Di\u00e1logos, Universidad de Costa Rica) : Essai de Gerardo Contreras offrant un regard critique sur la Guerre civile de 1948, le Pacte d&rsquo;Ochomogo, le d\u00e9cret proscrivant le Parti Vanguardia Popular (communiste) et la r\u00e9pression durant le gouvernement de la Junte. La abolici\u00f3n del ej\u00e9rcito y su entorno: una revisi\u00f3n de las circunstancias y personajes de la crisis del 48 (Poder Judicial) : Article de Carolina Rojas-Fonseca contextualisant l&rsquo;effervescence des ann\u00e9es 1940, l&rsquo;impact de la Seconde Guerre mondiale (comme le naufrage du navire \u00ab San Pablo \u00bb), le discours de Figueres de 1942 et les justifications strat\u00e9giques pour \u00e9liminer l&rsquo;arm\u00e9e. Jos\u00e9 Figueres Ferrer : El hombre, el pol\u00edtico, el estadista (El Esp\u00edritu del 48) : Document d\u00e9crivant son importante participation en politique \u00e9trang\u00e8re, sa lutte contre les dictatures (L\u00e9gion des Cara\u00efbes), la publication de Palabras gastadas et son leadership.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Abolition de l&rsquo;arm\u00e9e et son impact \u00e9conomique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Minist\u00e8re de la Planification nationale et de la Politique \u00e9conomique (Mideplan) : Article Abolici\u00f3n del ej\u00e9rcito aument\u00f3 un punto el crecimiento del PIB per c\u00e1pita de Costa Rica, fondamental pour documenter le \u00ab dividende de la paix \u00bb, l&rsquo;augmentation de la croissance \u00e9conomique (de 1,31 % \u00e0 2,44 %) et la r\u00e9orientation des budgets vers la sant\u00e9 et l&rsquo;\u00e9ducation. Wikip\u00e9dia : Article Abolici\u00f3n del ej\u00e9rcito de Costa Rica.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Guerre civile de 1948 et Junte Fondatrice de la Deuxi\u00e8me R\u00e9publique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Wikip\u00e9dia : Articles Guerre civile du Costa Rica de 1948 et Junte Fondatrice de la Deuxi\u00e8me R\u00e9publique, qui apportent les dates, le soul\u00e8vement arm\u00e9, les pactes et les r\u00e9formes des 18 mois de gouvernement de fait, comme la nationalisation bancaire, la cr\u00e9ation de l&rsquo;ICE et le suffrage f\u00e9minin. Tribunal Supr\u00eame des \u00c9lections (TSE \u2014 YouTube) : Transcription du forum 75 a\u00f1os de la Guerra Civil de 1948 y del Pacto de la Embajada de M\u00e9xico en Costa Rica, qui fournit le contexte sur les garanties sociales et les accords pour \u00e9viter de nouveaux bains de sang.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Controverses (Le Codo del Diablo et l&rsquo;Affaire Vesco)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Wikip\u00e9dia : Articles sur les Asesinatos del Codo del Diablo (en espagnol et en anglais), utilis\u00e9s pour documenter le tragique assassinat extrajudiciaire de leaders de Vanguardia Popular en d\u00e9cembre 1948. Asociaci\u00f3n Nacional de Empleados P\u00fablicos y Privados (ANEP) : Article Robert L. Vesco y Jos\u00e9 Figueres Ferrer, qui apporte des d\u00e9tails sur le refuge accord\u00e9 au fugitif financier am\u00e9ricain, ses investissements colossaux et les critiques adress\u00e9es \u00e0 l&rsquo;administration Figueres. YouTube (Guillermo Carvajal Alvarado) : Transcription de la vid\u00e9o Robert Lee Vesco el hombre que compr\u00f3 una rep\u00fablica, qui approfondit la pol\u00e9mique concernant les fonds entr\u00e9s au Costa Rica dans les ann\u00e9es 1970 (y compris la fameuse anecdote des \u00ab confites \u00bb).<\/p>\n","protected":false},"featured_media":12202,"parent":0,"template":"","class_list":["post-12225","historyofcr","type-historyofcr","status-publish","has-post-thumbnail","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/peopleofcostarica.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/historyofcr\/12225","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/peopleofcostarica.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/historyofcr"}],"about":[{"href":"https:\/\/peopleofcostarica.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/historyofcr"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/peopleofcostarica.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/historyofcr\/12225\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12229,"href":"https:\/\/peopleofcostarica.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/historyofcr\/12225\/revisions\/12229"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/peopleofcostarica.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/12202"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/peopleofcostarica.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12225"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}