La Biographie de notre Liberté (Partie II) : La « Démoperfectocratie » et l’Éveil du Vote (1885-1913)

La politique au-delà des élites

Pendant longtemps, on a pensé que le Costa Rica du XIXe siècle était le territoire exclusif des « Olimpos » (les élites caféières). Cependant, des recherches récentes d’historiens tels qu’Iván Molina démontrent que le système électoral de cette époque, bien qu’indirect, intégrait une base sociale beaucoup plus large qu’on ne le croyait. Paysans, artisans et petits commerçants participaient activement aux élections de premier degré.

1889 : Le mythe fondateur et le civisme populaire

Le 7 novembre 1889 est une date gravée dans l’identité nationale. Ce fut le moment où le peuple descendit dans la rue pour exiger que soit respectée la victoire électorale du parti d’opposition (le Partido Constitucional Democrático) face au parti au pouvoir. Cet événement est considéré comme un jalon historique, car la mobilisation populaire réussit à empêcher une possible dictature, consolidant l’idée que le pouvoir émanait de la volonté citoyenne et non des baïonnettes.

Le chemin vers le vote direct (1913)

À mesure que la société devenait plus complexe, le système de vote indirect (où le peuple élisait des « électeurs » qui élisaient ensuite le président) commença à être perçu comme un obstacle à une véritable démocratie.

Réformes de Ricardo Jiménez Oreamuno : Sous sa direction, fut promue la réforme constitutionnelle qui établit finalement le vote direct en 1913.

Le registre électoral : L’analyse des recensements de l’époque (comme celui de 1892) révèle que la taille du registre électoral était significative par rapport à d’autres pays de la région, ce qui suggère que l’exclusion fondée sur l’alphabétisation ou la propriété n’était pas aussi sévère dans la pratique que dans la lettre de la loi.

Caractéristiques de la période

Vulnérabilité à la fraude : Malgré une forte participation, il n’existait pas d’organisme électoral indépendant, ce qui permettait la manipulation des procès-verbaux et le « vote chanté » (public), facilitant la coercition.

Partis transitoires : Les partis politiques de cette époque étaient généralement personnalistes, naissant et disparaissant à chaque cycle électoral, sans idéologies permanentes.

Ethnie et classe : Contrairement à d’autres nations latino-américaines, l’ethnie ne constituait pas un facteur légal d’exclusion dans le registre électoral, permettant une intégration progressive de divers secteurs sociaux à la vie politique.

Sources consultées :

  • Molina Jiménez, Iván. « Elecciones y democracia en Costa Rica, 1885-1913 ».
  • Molina Jiménez, Iván. « Demoperfectocracia. La democracia pre-reformada en Costa Rica (1885-1948) ».
  • Rapport Estado de la Nación : « La longue transition vers la démocratie au Costa Rica ».
  • Tribunal Supremo de Elecciones (IFED) : « À propos de l’ouvrage Demoperfectocracia ».

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